Posted by - senbookpro -
on - Aug 15 -
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À quelques semaines des élections législatives prévues le 23 septembre 2026, l’Observatoire national de protection contre la violence numérique tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des attaques politiques et numériques dirigées contre des femmes engagées dans la course électorale. Selon l’organisme, ces pratiques constituent une menace pour la participation politique des femmes et portent atteinte aux principes d’égalité et d’égalité des chances qui doivent encadrer le scrutin.
Dans un communiqué, l’Observatoire affirme avoir suivi et documenté, durant le mois de juillet et au début du mois d’août, soit avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, plusieurs formes de ciblage numérique visant des candidates potentielles ou déclarées.
Les faits recensés couvrent un large éventail de comportements : insultes, diffamation, campagnes de dénigrement, atteintes à la vie privée et à la dignité des personnes concernées, mais aussi diffusion d’allégations et de contenus jugés offensants. L’institution relève également l’existence de campagnes numériques organisées ou répétées ayant pour objectif de porter atteinte à la réputation politique et personnelle des candidates et de fragiliser leur présence dans l’espace public.
Pour l’Observatoire, cette évolution est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient alors que la configuration définitive des candidatures féminines n’est pas encore connue. Elle survient également dans un contexte où la présence des femmes parmi les candidats et leur accès aux fonctions de représentation politique demeurent en deçà des ambitions affichées en matière de parité et d’égalité.
L’organisme indique qu’il consacrera ultérieurement une analyse plus détaillée à la participation politique des femmes, sur la base des données définitives relatives aux candidatures enregistrées et aux résultats du scrutin.
L’Observatoire considère par ailleurs que la violence politique à l’égard des femmes constitue l’un des principaux obstacles à leur participation pleine et effective à la vie publique. Ces attaques, souligne-t-il, affectent leur sentiment de sécurité, limitent leur capacité à exercer librement leur droit à l’expression et à la compétition électorale, et peuvent compromettre leur maintien dans l’action politique ainsi que leur accès aux institutions élues.
Les répercussions de ce phénomène dépassent toutefois les seules personnes directement visées. Selon l’institution, les violences numériques adressées aux candidates envoient également un signal dissuasif à l’ensemble des femmes susceptibles de s’engager dans la sphère publique et politique, alimentant un climat d’intimidation et de découragement.
Cette alerte intervient dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions légales relatives à la lutte contre la violence numérique. L’Observatoire estime que les élections législatives de 2026 constitueront le premier véritable test des mécanismes répressifs introduits par la loi organique n° 53.25, en particulier son article 51 bis.
D’après l’organisme, ces dispositions sanctionnent plusieurs pratiques commises à travers les réseaux sociaux, les plateformes numériques, les systèmes informatiques ou encore les outils d’intelligence artificielle. Elles visent notamment la diffusion de fausses informations, d’allégations mensongères, de faits inexacts ou de documents falsifiés dans le but de porter atteinte à la vie privée des électeurs ou des candidats, ou encore de les diffamer.
Le texte prévoit également des sanctions contre la création et la diffusion de contenus trompeurs ou falsifiés susceptibles d’altérer l’intégrité et la sincérité du processus électoral. Les auteurs de ces actes s’exposent à des peines d’emprisonnement et à des sanctions financières.
L’Observatoire rappelle toutefois que la liberté d’expression, la critique politique et la concurrence électorale demeurent des piliers essentiels de la démocratie. Ces libertés, insiste-t-il, ne sauraient néanmoins être invoquées pour justifier la diffamation, les menaces, les atteintes à la vie privée ou encore la fabrication et la propagation de contenus mensongers destinés à nuire à des candidates ou à influencer illégalement le déroulement des élections.
Enfin, l’Observatoire appelle les acteurs politiques, les partis, les institutions publiques, les médias et les organisations de la société civile à assumer pleinement leurs responsabilités afin de garantir une compétition électorale respectueuse de la dignité et des droits des femmes candidates.
Il exhorte également les formations politiques à renforcer les mécanismes de protection et d’accompagnement de leurs candidates et à lutter contre toutes les formes de violence et de discrimination dont elles pourraient être victimes. L’institution appelle enfin la Présidence du ministère public ainsi que les autorités compétentes à assurer l’application effective des dispositions légales en vigueur et à traiter avec célérité et rigueur tout acte susceptible de constituer une infraction électorale ou une agression numérique.
The post Violence numérique : Un climat préoccupant pour les candidates aux législatives de 2026 appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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