Posted by - support -
on - 1 hour ago -
Filed in - Society -
-
11 Views - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
Le Maroc compte parmi les dix principaux marchés émetteurs non européens à l’horizon 2036, avec des départs vers l’Europe en hausse de 60%, d’après une prospective du groupe Accor. Le Royaume y apparaît comme source de flux et partenaire de connectivité de l’Espagne, non comme destination.
Le tourisme européen est en train de changer de visage, et les voyageurs marocains comptent parmi ceux qui contribueront à le redessiner. Dans son étude « The Changing Face of Europe’s Tourism Map to 2036 », le groupe hôtelier anticipe plus d’un milliard de nuitées internationales supplémentaires par an sur le continent d’ici 2036. Entre 2026 et 2036, les nuitées internationales progresseraient de 42%, contre 24% pour le tourisme domestique. Les arrivées en provenance du Moyen-Orient augmenteraient de 93%, celles d’Asie-Pacifique de 88%, et le voyage d’affaires (+50%) devancerait le loisir (+39%). Les dépenses des visiteurs étrangers passeraient, elles, de 825 milliards d’euros à plus de 1.300 milliards, soit +64%.
Le Maroc apparaît à deux reprises dans ce paysage. Il figure d’abord parmi les dix principaux marchés émetteurs non européens, avec une croissance de 60%. Il est ensuite cité dans le focus consacré à l’Espagne, où il est associé à une hausse de 93% parmi les marchés sources sélectionnés à forte croissance, aux côtés de la Lituanie. Accor met cette dynamique sur le compte de nouvelles liaisons aériennes reliant Casablanca, Tétouan et Tanger aux grandes destinations espagnoles. Lancées à la veille de la Coupe du monde 2030, que le Maroc, l’Espagne et le Portugal organiseront conjointement, elles doivent faciliter les déplacements des touristes, de la diaspora et des voyageurs d’affaires.
La lecture de ces chiffres appelle de la rigueur. Le +60% décrit des Marocains qui voyageront davantage vers l’Europe, et non des visiteurs supplémentaires accueillis au Maroc. Quant au +93%, il traduit un effet de connectivité avec l’Espagne. Aucune projection n’est avancée pour le trafic des aéroports marocains ni pour les retombées de ces liaisons sur les trois villes citées. Le signal est donc favorable aux compagnies aériennes, aux agences et aux plateformes de réservation, mais indirect pour les hôteliers.
Du côté marocain, les statistiques confirment un tourisme qui gagne en valeur. En 2025, les recettes ont atteint 138 milliards de dirhams, en hausse de 21% sur un an et de 75% par rapport à 2019, pour 19,8 millions de touristes (+14%) et 43,4 millions de nuitées classées (+9%). À fin août 2026, les recettes de voyages s’établissent à 97,926 milliards de dirhams, soit +9,7%. Les arrivées avancent à un rythme plus mesuré : 15,7 millions de touristes à fin septembre 2026, soit +5% et plus de 717.000 visiteurs supplémentaires, après l’année record de 2025. Septembre a toutefois franchi la barre de 1,5 million d’arrivées (+8%), et l’objectif de 26 millions de touristes en 2030 demeure la trajectoire de référence. Une précaution s’impose pour toute comparaison : l’étude raisonne en nuitées, en arrivées et en dépenses, quand les statistiques nationales comptent arrivées, nuitées classées et recettes.
C’est justement sur la valeur qu’Accor insiste. Les destinations les plus dynamiques de demain seront celles qui sauront capter davantage de dépenses par visiteur, estime le groupe. En Europe, la restauration (+72%), les autres dépenses (+71%), le commerce de détail (+69%) et les loisirs, la culture et le sport (+66%) progresseraient plus vite que l’hébergement (+58%) et le transport (+55%). Pour un hôtelier de Casablanca ou de Tanger, cela suppose de ne plus se fier au seul taux de remplissage, mais d’adosser son offre à la restauration, aux expériences locales et aux partenariats de destination, en distinguant clientèle de loisirs, diaspora et voyageurs d’affaires.
Les investisseurs, eux, doivent éviter de transposer les pourcentages les plus spectaculaires. Le classement des petits et moyens marchés européens, mené par l’Azerbaïdjan (+116%), la Lettonie (+83%), la Roumanie (+82%) et la Hongrie (+80%), ne compte pas le Maroc. Seule la logique est exportable : renforcer les capacités, professionnaliser l’offre, répondre à des attentes qui montent. Citant CBRE, Accor note que la préférence pour les grandes chaînes s’est renforcée, ce qui peut faire de l’affiliation ou de la franchise un moyen, pour un propriétaire indépendant, d’accéder aux marchés émetteurs. Le groupe résume ses attentes en cinq critères : portée, pertinence, adaptabilité, savoir-faire opérationnel et excellence. Les hôtels donnés en exemple, des ibis Styles à Gdańsk, Tallinn, Debrecen ou Zagreb, ne comptent aucun projet marocain, et l’étude rappelle elle-même que ce qui réussit à Londres ou à Paris ne convient pas forcément à Bucarest, Cracovie ou Riga.
Le voyage d’affaires et le MICE appellent la même prudence. L’Asie-Pacifique (+118%), le Moyen-Orient (+112%) et l’Afrique (+63%) tireraient la hausse des arrivées business en Europe, et la France deviendrait le premier pôle du continent avec +89%, devant l’Autriche (+33%) et l’Allemagne (+25%). Le Maroc n’est pas cité comme destination de ce segment. La proximité espagnole et l’échéance de 2030 créent un contexte de mobilité que les opérateurs devront transformer en demande, sans extrapoler des chiffres que l’étude ne fournit pas.
La concurrence se joue enfin sur les marchés lointains. Les marchés européens du Maroc ont progressé en 2025, avec la France (+11%), l’Espagne (+12%), le Royaume-Uni (+18%), la Belgique (+10%) et l’Italie (+21%). Mais l’Europe courtise parallèlement la Chine (+138%), la Corée du Sud (+121%), le Japon (+77%), l’Inde (+68%) et l’Arabie saoudite (+55%). Ces hausses concernent les arrivées sur le continent européen et non au Maroc : ces clientèles voyageront en Europe, et la compétition pour les attirer est directe.
The post Tourisme : l’Europe attend plus de voyageurs marocains à l’horizon 2036 appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
At our community we believe in the power of connections. Our platform is more than just a social networking site; it's a vibrant community where individuals from diverse backgrounds come together to share, connect, and thrive.
We are dedicated to fostering creativity, building strong communities, and raising awareness on a global scale.