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on - Jun 10 -
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Genre et Mieux analyser, interpréter et vulgariser les données budgétaires et statistiques relatives aux violences basées sur le genre à travers une lecture fondée sur la désagrégation des données. Tel est l’objectif de l’atelier de renforcement des capacités qui réunit depuis mardi à Saly, dans le département de Mbour, les membres de l’Association des professionnels de l’information sur le genre (Apig).
Cette session de formation s’inscrit dans le prolongement du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage (Rgphae) réalisé en 2023 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), dont une partie importante a été consacrée à la mesure des violences faites aux femmes et aux filles. L’ambition est de permettre aux professionnels des médias de mieux s’approprier les résultats issus de cette vaste opération statistique afin d’en assurer une exploitation rigoureuse et accessible au grand public.
Organisé par le ministère de la Famille et des Solidarités, à travers la Direction de l’équité et de l’égalité de genre, en partenariat avec ONU Femmes et l’Apig, l’atelier entend également renforcer les capacités des journalistes dans l’analyse des mécanismes budgétaires liés à la promotion de l’égalité de genre et à la prévention des violences basées sur le genre. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la budgétisation sensible au genre s’impose progressivement comme un outil de gouvernance permettant d’intégrer les besoins différenciés des femmes et des hommes dans l’allocation des ressources publiques. Au Sénégal, cette orientation est notamment matérialisée par l’élaboration régulière du Document budgétaire genre annexé à la loi de finances.
Selon la présidente de l’Apig, Adama Diouf Ly, l’appropriation et l’exploitation des résultats du recensement de l’Ansd par les professionnels des médias demeurent encore insuffisantes, notamment en ce qui concerne la production de contenus éthiques, sensibles aux questions de genre et susceptibles de mobiliser l’opinion publique autour des enjeux d’égalité.
Elle estime également que la compréhension des mécanismes budgétaires et de leurs effets sur les inégalités entre les sexes reste limitée dans le traitement médiatique de ces questions. « Les budgets publics constituent un instrument clé pour promouvoir ou, au contraire, freiner l’égalité entre les sexes », a-t-elle souligné.
Pour sa part, la directrice nationale de l’Équité et de l’Égalité de genre, Astou Diouf Gueye, a insisté sur le rôle stratégique de l’information dans la transformation sociale. « Une information bien traitée peut changer une perception. Une perception transformée peut faire évoluer un comportement. Un comportement qui évolue peut contribuer à transformer durablement une société », a-t-elle déclaré.
Selon elle, cette réalité illustre parfaitement la place essentielle qu’occupent les médias dans la mise en œuvre des politiques publiques en faveur de l’égalité de genre. Mme Gueye a tenu à rappeler que la budgétisation sensible au genre ne se résume nullement à la création de lignes budgétaires spécifiques destinées aux femmes. « La Bsg ne consiste pas à créer un budget distinct pour les femmes. C’est un puissant outil de gouvernance et de transparence qui vise à garantir que chaque franc investi par l’État contribue effectivement à réduire les inégalités et à répondre aux besoins spécifiques des hommes, des femmes, des filles et des garçons », a-t-elle expliqué. Cette conception rejoint les standards internationaux qui définissent la budgétisation sensible au genre comme un processus permettant d’évaluer et d’orienter les dépenses publiques afin de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.
Intervenant au nom d’ONU Femmes, Seynabou Sarr a rappelé que les violences basées sur le genre demeurent l’une des violations des droits humains les plus répandues à travers le monde. Elle a souligné que leurs conséquences affectent durablement la santé, l’éducation, l’autonomisation économique ainsi que la participation des femmes à la vie publique.
« La budgétisation sensible au genre représente un levier stratégique pour traduire les engagements politiques en résultats concrets pour les populations. Les budgets publics ne sont pas neutres. Ils peuvent contribuer à réduire les inégalités ou, au contraire, les perpétuer. Une meilleure compréhension des mécanismes budgétaires permettra aux médias d’apporter un regard plus éclairé sur les choix publics et leurs impacts sur les femmes et les hommes », a attesté Mme Sarr.
Elle a également rappelé que les avancées en matière d’égalité de genre, aussi bien au Sénégal qu’à l’échelle mondiale, reposent sur la disponibilité de données fiables, d’analyses rigoureuses et d’une communication responsable. Sans statistiques de qualité, les inégalités demeurent souvent invisibles et difficiles à combattre. De même, sans une diffusion adéquate de l’information, les données peinent à nourrir le débat public et à se traduire en actions concrètes au bénéfice des populations.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent ainsi faire des journalistes des acteurs de premier plan dans la promotion d’une gouvernance plus inclusive, fondée sur les preuves statistiques et sur une lecture critique des choix budgétaires. L’objectif est de favoriser une meilleure compréhension des politiques publiques relatives au genre et de contribuer à une prise de décision davantage orientée vers la réduction des inégalités et la protection des droits des femmes et des filles.
Denise Zarour Médang
L’article Budgétisation sensible au genre et lutte contre les VBG : les journalistes montent en compétence est apparu en premier sur Sud Quotidien.