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Invitée d’honneur de la 10e édition du Forum international de Dakar, ouvert lundi 20 avril, consacré au thème « L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ? », le président sierra-léonais Julius Maada Bio, également président en exercice de la CEDEAO, a livré un discours à la fois lucide et mobilisateur sur l’avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.
Dans une intervention marquée par un ton direct, le chef d’État a dressé un constat sévère des insuffisances de la coopération régionale. Plus de cinquante ans après la création de la CEDEAO, il a déploré l’absence d’infrastructures efficaces facilitant la mobilité entre les États membres. « Il ne faut qu’une heure pour aller à Freetown, mais il n’existe pas de liaison aérienne directe », a-t-il illustré, évoquant les difficultés concrètes rencontrées même par des responsables gouvernementaux pour se déplacer dans la région.
Face à ces défis, Julius Maada Bio a appelé à une refondation du « contrat social » entre les institutions régionales et les citoyens. Selon lui, l’intégration ouest-africaine ne pourra se consolider sans réformes profondes, centrées sur les besoins des populations. « Nos concitoyens doivent ressentir les bénéfices de leur appartenance à cet espace », a-t-il insisté, plaidant pour des mécanismes plus efficaces à l’échelle locale et régionale.
Le président en exercice de la CEDEAO a également adressé un message d’ouverture aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), soulignant que la coopération restait possible même en dehors du cadre institutionnel de la communauté. « Nous sommes liés par la géographie et par l’histoire. Nous sommes des frères, pas des étrangers », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les risques d’une fragmentation accrue de la région.
Au cœur de son intervention, la question démographique a occupé une place centrale. Rappelant que d’ici le milieu du siècle, un quart de la population mondiale sera africaine, Julius Maada Bio a insisté sur l’urgence d’investir dans la jeunesse. Il a appelé à renforcer les compétences techniques et numériques afin de préparer les jeunes Africains à un marché du travail globalisé, tout en leur offrant des perspectives sur le continent.
Dans un passage particulièrement poignant, il a évoqué les migrations irrégulières, affirmant son refus de voir « un enfant africain traverser le désert pour mourir en mer Méditerranée ». Pour lui, la solution réside dans la création d’opportunités économiques locales, capables de retenir les talents et de dynamiser les économies nationales.
Enfin, le président sierra-léonais a annoncé une initiative visant à renforcer l’intégration économique régionale dès octobre prochain. Il a appelé à lever les barrières commerciales et logistiques, proposant notamment la mise en place de corridors de transport fluides permettant aux commerçants, notamment les femmes, de circuler librement entre des villes comme Dakar et Lagos.
« Le travail que nous accomplissons aujourd’hui n’est pas pour notre génération, mais pour la jeunesse », a-t-il conclu, invitant les participants du forum à proposer des solutions concrètes pour faire enfin vivre l’idéal d’intégration porté par la CEDEAO depuis un demi-siècle.
Ousmane GOUDIABY
L’article CEDEAO : Julius Maada Bio appelle à briser les frontières et sauver l’intégration ouest-africaine est apparu en premier sur Sud Quotidien.