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Une quarantaine d’acteurs politiques, institutionnels et de la société civile se sont réunis mardi dans la capitale sénégalaise à l’occasion d’une table ronde consacrée au rôle des partis politiques en Afrique de l’Ouest. Organisée hier, mardi 28 avril par le Réseau africain de dialogue interpartis (AIPDN), en partenariat avec le Réseau des commissions électorales de la CEDEAO (ECONEC) et WANEP Sénégal, la rencontre portait sur le thème : « Repenser le dialogue interpartis et la construction du consensus en Afrique de l’Ouest ».
L’objectif de cette rencontre de haut niveau c’était de renforcer le dialogue interpartis comme levier stratégique de consolidation démocratique, d’intégrité électorale et de stabilité politique dans la sous-région. Participants issus de partis au pouvoir et de l’opposition, représentants d’organisations régionales, chercheurs, praticiens de la démocratie et partenaires techniques ont croisé leurs analyses sur les défis actuels.
Intervenant sur l’état du dialogue interpartis, Dr Mamadou Akila Bodian, chef du Laboratoire des sciences sociales de l’IFAN à l’Université Cheikh Anta Diop, a souligné la complexité d’une évaluation des mécanismes existants. Selon lui, les dispositifs de dialogue ne peuvent être compris sans un retour sur les trajectoires politiques post-indépendance, marquées par des systèmes de partis dominants et une fermeture du jeu politique. « Le dialogue interpartis a longtemps été informel, voire capté par les régimes en place », a-t-il expliqué, rappelant les évolutions progressives vers le multipartisme et l’ouverture démocratique.
Le chercheur a également insisté sur le caractère « hybride » des mécanismes de régulation politique en Afrique de l’Ouest, impliquant non seulement les partis, mais aussi la société civile et, dans certains cas, les forces armées. Toutefois, il a alerté sur des tendances actuelles préoccupantes, notamment le recul démocratique dans certains pays et la restriction des espaces de dialogue. « Le tableau est contrasté, oscillant entre avancées et régressions », a-t-il résumé.
De son côté, Dr Adama Sadio, expert électoral au WANEP, a mis en lumière les enjeux contemporains du dialogue dans un contexte marqué par des tensions politiques croissantes. Prenant l’exemple du Sénégal, il a évoqué les débats autour de la révision du code électoral, dénonçant une démarche perçue comme unilatérale par une partie de l’opposition et de la société civile. « L’absence de dialogue fragilise la confiance et alimente les contestations », a-t-il averti.
L’expert a également pointé le phénomène d’« exclusion électorale », qu’il considère comme une nouvelle forme de manipulation des processus démocratiques. Toutefois, il a salué le rôle déterminant de la société civile dans la facilitation du dialogue et l’amélioration des processus électoraux, citant plusieurs exemples historiques au Sénégal.
Au niveau régional, les intervenants ont rappelé le rôle normatif de la CEDEAO, notamment à travers son protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance, qui encourage le consensus dans les réformes électorales. En conclusion, les participants ont appelé à institutionnaliser davantage les cadres de dialogue inclusifs afin de prévenir les crises et consolider les acquis démocratiques en Afrique de l’Ouest.
Ousmane GOUDIABY
L’article Dialogue interpartis en Afrique de l’ouest : acteurs politiques et experts appellent à un consensus démocratique est apparu en premier sur Sud Quotidien.