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Le nouveau ministre des Mines et de la Géologie a rencontré la presse, hier lundi, à Diamniadio. Cheikh Oumar Seck a décliné les axes prioritaires pour le développement du secteur. Cette nouvelle feuille de route, entre transformation locale, renforcement de la souveraineté et transparence accrue, ambitionne de transformer le sous-sol sénégalais en un puissant levier d’industrialisation et de souveraineté nationale.
Selon le ministre des Mines et de la Géologie, le secteur minier sénégalais ne peut plus se contenter d’être comme une simple rente d’exportation, mais plutôt comme l’un des « quatre moteurs de développement économique » du pays. L’objectif affiché par le ministre Cheikh Oumar Seck est clair : instaurer une dynamique de « transformation et de valorisation de nos ressources ». Dans cette nouvelle dynamique, l’industrialisation est au cœur de la stratégie à travers le pari du développement de la sidérurgie et des engrais. Et pour cela, Cheikh Oumar Seck estime que le Sénégal doit s’affranchir du modèle extractif pur.
Le deuxième axe de la réforme porte sur des « projets catalytiques » mêlant mines, infrastructures et industrie. Ainsi, pour le secteur de la sidérurgie nationale, l’ambition affichée par l’Etat est de « passer de l’extraction à une industrie sidérurgique pour produire de l’acier au Sénégal ». Un chantier colossal qui s’accompagne de la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Tambacounda et la création d’une nouvelle ligne de 240 km vers Kédougou, la région du Sénégal oriental abritant les gisements de fer.
Pour le phosphate, il s’agit de travailler en corrélation avec les ambitions affichées dans le cadre de la souveraineté alimentaire et de soutenir la transformation pour la production d’engrais. « Concernant les Phosphates de Matam (130 millions de tonnes de réserves), la vision est de les transformer localement en engrais pour assurer la souveraineté alimentaire nationale et devenir un grenier pour l’Afrique ».
Le ministre a martelé la volonté de l’État de reprendre le contrôle sur ses richesses. Dans le cadre de la réforme, une vaste cartographie géologique est lancée pour réduire les risques d’exploration et ainsi augmenter le pouvoir de négociation de la nation. « L’État ne veut plus se limiter à 10% de dividendes », a affirmé Cheikh Oumar Seck, fixant un objectif de participation pouvant atteindre 25% dans les projets futurs. Cette montée en puissance s’appuiera sur la société nationale SOMISEN, qui doit désormais détenir ses propres titres d’exploitation.
La réforme consacre également une protection forte des entrepreneurs locaux. Désormais, « l’exploitation semi-mécanisée, la petite mine et l’exploitation artisanale seront exclusivement réservées aux Sénégalais ». Ces acteurs bénéficieront d’un soutien de la CDC, avec qui un partenariat est en cours de finalisation, et de la SOMISEN pour structurer un secteur privé national fort.
Parallèlement, l’État s’attaque à la traçabilité de l’or (40 tonnes produites annuellement) par la création de « comptoirs d’achat nationaux, d’une raffinerie et de couloirs d’orpaillage ». L’objectif est double : sécuriser la production et alimenter le marché local.
VERS UN NOUVEAU CODE MINIER INCLUANT DES DÉCRETS D’APPLICATION SUR LA RÉHABILITATION DES SITES ET LES FONDS DE DÉVELOPPEMENT LOCAL
Le troisième axe de cette réforme repose sur une modernisation radicale de l’administration. Un « nouveau Code minier sera prochainement soumis au Parlement », a annoncé le ministre, incluant des décrets sur la réhabilitation des sites et les Fonds de développement local. Afin d’éliminer les lenteurs et favoriser l’efficacité, le ministre annonce une « digitalisation totale » via un guichet unique, où les demandes de permis et le paiement des redevances se feront exclusivement en ligne.
Cette nouvelle feuille de route déclinée par le ministre n’a pas occulté les défis écologiques, notamment la pollution des cours d’eau. Une réglementation commune avec le Mali et la Guinée est prévue pour août afin d’harmoniser la surveillance du fleuve.
Sur ce plan, Cheikh Oumar Seck a rappelé que la réussite de cette transformation repose sur un contrat social fort : « l’exploitation minière doit impérativement s’accompagner d’une acceptabilité sociale et d’un développement local perceptible pour les populations riveraines ».
Daouda GUEYE
L’article Exploitation minière au Sénégal – d’une économie d’extraction à la transformation : le ministre des Mines et de la Géologie décline la feuille de route du secteur est apparu en premier sur Sud Quotidien.