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À l’occasion de sa première séance plénière en tant que président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a profité de la tribune parlementaire pour balayer les accusations de conflit institutionnel avec le président Bassirou Diomaye Faye. Défendant la légalité de la démarche engagée par les députés sur la révision de la Constitution, il a assuré que le Parlement n’a empiété sur aucune prérogative présidentielle. La séance a également été marquée par le retour d’El Malick Ndiaye au sein du Bureau de l’Assemblée nationale en qualité de premier vice-président.
Élu président de l’Assemblée nationale le 16 juin dernier, à la suite de son limogeage de la Primature par le président de la République le 12 juin, le leader du parti Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a dirigé hier, lundi 22 juin, sa première séance plénière.
Consacrée à l’examen des projets de loi portant Code du travail et Code de la sécurité sociale, cette séance a également servi de tribune au président de l’Assemblée nationale pour recadrer les théoriciens d’une prétendue crise institutionnelle. Revenant sur la procédure relative à la proposition de loi portant révision de la Constitution, inspirée de l’avant-projet de loi que le président de la République avait soumis pour avis au Conseil constitutionnel, Ousmane Sonko a assuré, devant ses collègues députés, qu’il n’existe aucun conflit institutionnel avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Poursuivant ses explications, l’ancien Premier ministre a indiqué que le président de la République avait bel et bien été saisi afin de donner son avis sur le texte.
Mieux, il a fait remarquer que le Bureau de l’Assemblée nationale n’a jamais adressé d’ultimatum au chef de l’État concernant cette demande d’avis. « Le président est libre de répondre ou de ne pas répondre. Sa réponse n’est pas obligatoire et, dans tous les cas, la procédure suivra son cours conformément aux règles en vigueur », a-t-il déclaré, avant de rappeler que la Constitution prévoit deux voies pour initier une révision constitutionnelle. « La même Constitution qui confère au président de la République le droit de réviser la Constitution l’accorde également aux députés », a-t-il souligné.
Par ailleurs, revenant en détail sur les différentes étapes du processus d’adoption de cette proposition de loi, le président de l’Assemblée nationale a expliqué qu’après l’initiative parlementaire, le texte doit être examiné en commission avant d’être soumis à la plénière. Une fois adopté par les députés, il est transmis au président de la République pour la suite de la procédure. « L’adoption du texte nécessite une majorité absolue des députés, tandis que son approbation exige une majorité qualifiée des trois cinquièmes. Nous n’avons usurpé aucune prérogative du président. Nous sommes dans la bonne voie et dans le respect de la Constitution », a-t-il martelé, avant de préciser que le président de la République conserve la possibilité de soumettre à référendum un texte déjà voté par l’Assemblée nationale, sans en modifier le contenu.
El Malick Ndiaye réintègre le Bureau de l’Assemblée nationale
L’ancien président de l’Assemblée nationale marque son retour au sein du Bureau. Plus de trois semaines après sa démission surprise de la tête de la deuxième institution de la République, le 24 mai dernier, au profit de son leader Ousmane Sonko, président du parti Pastef, El Malick Ndiaye a été élu premier vice-président hier, lundi 22 juin. Réunis en séance plénière, les députés ont procédé à l’élection du premier et du troisième vice-président de l’Assemblée nationale, postes devenus vacants à la suite des démissions d’Ismaïla Diallo et de Cheikh Thioro Mbacké le 12 juin dernier.
Proposés par le groupe parlementaire majoritaire Pastef-Les Patriotes, El Malick Ndiaye et Ismaïla Diallo ont été élus avec 129 voix pour et 4 abstentions. Cette élection permet ainsi de pourvoir les postes vacants au sein du Bureau de l’Assemblée nationale. Quelques minutes avant ce vote, l’ancien ministre de la Culture et de l’Artisanat, Amadou Ba, sa camarade de parti Salimata Dieng, ancienne chargée de mission à la présidence de la République, ainsi que Momar Talla Ndao, qui occupait les fonctions de secrétaire d’État à l’Urbanisme et au Logement, et Abass Ndiaye, ont effectué leur retour à l’Assemblée nationale.
Nando Cabral Gomis
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