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Le premier vote indicatif informel du Conseil de sécurité des Nations unies, tenu jeudi, place l’ex-vice-présidente du Costa Rica Rebeca Grynspan en tête de la course à la succession d’António Guterres, selon Reuters. Elle devance l’ancienne ministre guyanaise des Affaires étrangères Carolyn Rodrigues-Birkett et l’Argentin Rafael Grossi, patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Mais c’est bien l’ensemble du scrutin qui retient l’attention, tant les positions restent disputées entre les sept candidats en lice.
Selon les chiffres obtenus par l’agence de presse auprès de diplomates, Grynspan a recueilli 10 votes « encourageants » sur 15, contre neuf pour Rodrigues-Birkett et sept pour Grossi. L’ancien président sénégalais Macky Sall, également candidat, obtient pour sa part six votes « encourageants », mais aussi sept votes « décourageants » et deux « sans opinion », un résultat qui le place dans une position délicate, entre soutien réel et opposition marquée d’une partie du Conseil.
À ce stade du processus, les bulletins restent identiques pour tous les membres, ce qui permet de mesurer le niveau global de soutien ou d’opposition à chaque candidat sans révéler si les votes négatifs proviennent de l’un des cinq membres permanents disposant du droit de veto — Chine, France, Russie, Royaume-Uni et États-Unis —, dont l’appui reste déterminant pour la suite. Un diplomate cité par Reuters résume ainsi l’incertitude entourant ce premier tour : le scrutin ne révèle « aucun consensus » autour d’un candidat en particulier.
Plusieurs tours encore à venir avant octobre
Les autres candidats en lice sont l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, créditée de six « encourage », l’ancienne ministre équatorienne des Affaires étrangères María Fernanda Espinosa et le diplomate ougandais Olara Otunnu, entré dans la course la semaine précédente. L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a pour sa part affirmé souhaiter un secrétaire général capable de rendre l’institution « plus légère, plus adaptée à sa mission, plus pertinente sur la scène internationale », rapporte Reuters.
Selon Richard Gowan, expert de l’International Crisis Group cité par l’agence, le choix du prochain secrétaire général « ne se fera pas rapidement ». Les précédents laissent penser que plusieurs tours de scrutin s’échelonneront dans les semaines à venir, pour une conclusion attendue fin septembre ou début octobre, sauf émergence rapide d’un candidat consensuel. Le Conseil de sécurité devra ensuite adopter une résolution recommandant une nomination à l’Assemblée générale, qui nécessite neuf voix favorables et l’absence de veto, avant une validation généralement jugée formelle par les 193 États membres.
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