Si aucune issue n’est trouvée rapidement, la montée en puissance du mouvement social pourrait accentuer les difficultés d’accès aux soins et fragiliser davantage un système de santé déjà sous pression. L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) And Gueusseum a annoncé, dans un communiqué daté du 26 avril 2026, le lancement de son 10ᵉ plan d’actions, marqué par une intensification de la lutte syndicale qui risque de priver de manière durable les populations de services essentiels.
Après avoir déjà paralysé le système sanitaire pendant 144 heures lors du précédent plan, la coalition syndicale dit avoir « épuisé toutes les voies de dialogue » sans obtenir de réponses à ses revendications. Elle dénonce une « attitude gouvernementale faite de mépris, d’inaction et de stratégie de pourrissement de la crise ».
En conséquence, le président Mballo Dia Thiam et ses camarades syndicalistes d’And Gueusseum optent pour une « radicalisation progressive », avec l’instauration de grèves perlées de 48 heures par semaine à partir de la deuxième quinzaine de mai.
Trois arrêts de travail sont déjà programmés les 15-16, 21-22 et 28-29 mai 2026, avec prise en charge des urgences mais sans service minimum. À cela s’ajoute un boycott total du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNT) et du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), deux piliers de la politique sanitaire, à compter du 15 mai. Une décision lourde de conséquences pour les patients, notamment les plus vulnérables.
L’Alliance interpelle directement le chef de l’État, estimant que la prolongation de la crise découle principalement de la « passivité du gouvernement ». Elle critique également le ministre de la Santé, accusé d’esquiver le dialogue et de tenir une communication « en décalage avec la réalité », notamment lors du « Grand Oral » gouvernemental du 21 avril.
Au-delà des tensions, Mballo Dia Thiam et Cie jugent les réformes annoncées « insuffisantes », plaidant pour un financement durable du système, un recrutement massif de personnel et une gouvernance plus transparente. En attendant, la poursuite de la mobilisation apparaît comme l’unique levier d’action revendiqué par les syndicats.