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La Journée internationale du sport au service du développement et de la paix, célébrée chaque 6 avril depuis 2013 par l’UNESCO et les Nations Unies, nous rappelle que le sport dépasse le simple jeu : il constitue un droit fondamental et peut être un puissant catalyseur de paix, d’égalité et d’inclusion.
Le Maroc a compris ce potentiel depuis longtemps et sera au centre du monde sportif dans les mois et années à venir, avec l’accueil de plusieurs compétitions majeures. La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 et la Coupe du monde de football 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, sont en tête de cette liste.
Ces événements marquent une ambition claire : renforcer l’image du Royaume comme une nation sportive, en investissant dans les infrastructures, la formation et la valorisation des bienfaits socio-économiques du sport.
Mais, au-delà des compétitions, c’est également l’accès universel au sport qui doit être renforcé. Là encore, le Maroc a été pionnier en reconnaissant dès 2011 le sport comme un droit fondamental dans sa Constitution. Cette reconnaissance témoigne d’une prise de conscience nationale du pouvoir transformateur du sport.
Des défis persistent cependant et les chiffres sont éloquents. Selon les chiffres les plus récents publiés par The Lancet, 87 % des jeunes Marocains de 11 à 17 ans ne pratiquent pas assez d’activité physique, une tendance encore plus marquée chez les filles.
Ce déficit d’activité a des conséquences alarmantes : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe l’inactivité physique parmi les premières causes de maladies chroniques, et près de la moitié des Marocains ont vécu ou vivront un trouble psychologique au cours de leur vie, selon le ministère de la Santé et de la Protection sociale.
L’UNESCO agit concrètement pour inverser cette tendance. À travers son initiative En forme pour la vie, notre organisation s’attaque à travers le monde aux crises interdépendantes de l’inactivité physique, du déclin de la santé mentale et des inégalités sociales.
Un des axes majeurs de notre action est l’éducation. L’école est un levier essentiel : un enseignement du sport inclusif et adapté permet non seulement une meilleure santé physique, mais aussi une amélioration des performances académiques de 11 à 20 % en moyenne, selon les rapports de l’UNESCO.
En juillet 2024, nous avons également publié le tout premier État des lieux mondial de l’éducation physique de qualité, qui appelle les États à investir massivement dans l’éducation physique de qualité (EPQ).
L’égalité d’accès au sport est un enjeu particulièrement crucial. De nombreuses jeunes filles sont écartées des terrains de jeux en raison de normes sociales restrictives, d’obstacles économiques ou de violences subies dans le cadre sportif. Pourtant, le sport est un formidable outil d’émancipation, développant confiance en soi, leadership et esprit d’équipe.
C’est pour cela que l’UNESCO, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et la Fondation Décathlon, vient de lancer au Maroc un projet novateur, qui encourage la pratique sportive des filles et des femmes au sein des Foyers féminins.
Cette initiative se veut un modèle pour rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour faire du sport, et visera à prouver, par des données chiffrées, l’impact du sport sur les vies de ces filles et de ces femmes.
Pour l’UNESCO, le sport peut aussi être un outil puissant de lutte contre les violences faites aux femmes. En promouvant des espaces sportifs sûrs et inclusifs, il est possible de réduire les discriminations et d’encourager la mixité dès le plus jeune âge.
Lors du Sommet de l’éducation par le sport en Afrique, organisé ces derniers jours par l’ONG marocaine TIBU Africa en partenariat avec l’UNESCO, un appel a justement été lancé : considérer le sport non seulement comme un secteur économique, mais aussi comme un puissant levier social.
Le sport peut en effet générer des emplois, dynamiser les territoires et favoriser l’inclusion. Il est donc essentiel que les pouvoirs publics, les institutions internationales, ainsi que les acteurs du secteur privé, s’engagent davantage pour un accès élargi à la pratique sportive.
L’UNESCO soutient cette dynamique en encourageant des politiques ambitieuses d’investissement dans le sport, non seulement pour les élites, mais aussi pour les citoyens et citoyennes de tous horizons.
En ce 6 avril, rappelons-le : le sport ne se limite pas aux compétitions. Au-delà des stades, il doit être vécu et accessible partout, pour tous et toutes. L’UNESCO continuera d’agir pour que le sport soit pleinement reconnu comme un levier de transformation sociale, au Maroc et dans le monde entier.
*Directeur régional de l’UNESCO pour le Maghreb
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