Posted by - Senbookpro KAAYXOL -
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Chômage agricole, sécheresse persistante et pénurie d’eau… Au Maroc, les conséquences du changement climatique frappent de plein fouet les communautés rurales, et ce sont surtout les femmes qui en subissent le poids. Cependant, elles deviennent des actrices clés d’une résilience encore fragile, d’après un récent rapport du think tank américain, Carnegie Endowment for International Peace.
Au Maroc, le spectre de la sécheresse n’a jamais été aussi tangible. Les barrages s’assèchent, et les réserves hydriques s’effritent à un rythme alarmant. Le barrage Al Massira, situé dans le centre du pays, ne contient plus aujourd’hui que 3% de l’eau qu’il retenait il y a neuf ans, a souligné le rapport baptisé « Femmes et activisme climatique au Maroc et en Tunisie » publié par Carnegie Endowment for International Peace.
Dans ce contexte, la gestion de l’eau devient un enjeu vital, tant pour l’économie que pour la cohésion sociale. Bien que la crise climatique affecte toute la population, elle pèse particulièrement sur les femmes, premières responsables des tâches domestiques et actrices essentielles de l’agriculture familiale, souligne le think tank basé à Washington.
Il précise que les traditions marocaines placent en effet la gestion du foyer (cuisine, lavage, soin des enfants) sous la responsabilité des femmes. Dans les zones rurales, elles assurent en outre une part majeure du travail agricole, souvent sous des conditions climatiques de plus en plus extrêmes. L’irrigation, la culture et l’élevage sont directement affectés par la sécheresse et la désertification, et la migration masculine vers les villes laisse les femmes seules face à ces charges.
Selon des spécialistes du genre cités dans le rapport, « les femmes, principalement en raison de leurs responsabilités sociales, ne peuvent pas recourir à la migration pour échapper aux difficultés climatiques », ce qui les place dans une situation de vulnérabilité extrême.
L’introduction de cultures commerciales gourmandes en eau, comme la pastèque dans les terres de pâturage depuis 2008, a exacerbé le problème. Les hommes quittent les campagnes pour chercher du travail en ville, tandis que les femmes doivent simultanément gérer les champs et s’occuper de leurs familles. Face à cette réalité, les politiques publiques peinent à suivre le rythme, seules certaines industries traditionnelles (savonnerie, fabrication de tapis) bénéficient encore d’un soutien institutionnel.
Même lorsque des dispositifs de protection existent, les normes culturelles limitent l’accès des femmes à des ressources clés comme la propriété foncière, essentielle pour adopter des techniques d’irrigation durables. Au Maroc, la propriété des terres par les femmes reste marginale, malgré des campagnes de « melkinisation » initiées par des ONG féministes pour favoriser l’accès des femmes aux terres agricoles. Cette exclusion structurelle contribue à limiter la capacité des femmes à répondre efficacement aux défis climatiques, déplore le rapport.
Au vu de ces enjeux, certaines initiatives émergent pour mettre en lumière le rôle des femmes dans la lutte contre le changement climatique. Youth for Climate Morocco, l’une des ONG les plus actives sur le sujet, compte neuf femmes sur dix membres de son conseil d’administration et promeut l’inclusivité dans l’activisme, fait savoir la même source. Ses programmes vont de la formation communautaire aux campagnes nationales, et visent à transformer la voix des femmes en force décisionnelle face aux défis climatiques.
Les mouvements féministes et climatiques ne sont pas toujours coordonnés, mais des intersections commencent à se dessiner. A Figuig, des femmes ont participé activement à des manifestations contre un projet national de gestion de l’eau en 2024, en défendant le maintien du contrôle local sur les ressources hydriques. Ces mobilisations, selon le rapport, illustrent le rôle central des femmes dans la défense de leurs communautés et de leurs moyens de subsistance.
La crise climatique affecte également les traditions et le tissu culturel, rappelle Carnegie Endowment, citant à titre d’exemple l’annulation du sacrifice d’Aïd Al-Adha. La décision montre à quel point le changement climatique transforme des aspects essentiels de la vie sociale et religieuse au Maroc, indique-t-il.
A la lumière de ces circonstances, les femmes marocaines se trouvent à la croisée des chemins entre tradition, activisme et survie économique, poursuit la même source. Elles portent un double fardeau : gérer le quotidien domestique et contribuer à l’agriculture tout en faisant face à l’exode masculin et à la raréfaction des ressources. Selon les experts, inclure leur perspective dans l’élaboration des politiques climatiques n’est pas seulement une question d’égalité, mais un impératif pour la résilience nationale.
The post Changement climatique au Maroc : les femmes, ces militantes invisibles appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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