Posted by - senbookpro -
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L’accès à l’emploi pour une grande partie des jeunes Marocains, reste un défi majeur, le problème ne se limite toutefois pas au chômage des diplômés. Il concerne également les jeunes sans études ni formation, d’autant plus pour ceux ayant un décalage entre les compétences acquises et les besoins du marché de l’emploi. Une situation qui pèse directement sur l’autonomie économique des jeunes et leur capacité à construire un projet personnel.
Le Maroc dispose d’une importante jeune population, son arrivée sur le marché du travail reste difficile et pleine d’obstacles. Les longues années d’études et parfois les parcours académiques brillants, ne débouchent pas toujours sur une première expérience professionnelle, notamment pour ceux confrontés à des offres exigeant déjà des compétences pratiques et des qualifications aux métiers.
Interrogé par Hespress FR, Karim Aiche, expert au Centre Démocratique Arabe, constate que « le diplôme lui-même ne protège plus ». Selon lui, le chômage des diplômés met notamment en évidence un décalage entre certaines formations spécialisés et les attentes des entreprises.
Un jeune peut ainsi terminer ses études sans disposer des compétences recherchées par les employeurs. une situation qui complique particulièrement le passage vers le premier emploi, ce qui pose avec insistance la question de l’adaptation des formations aux évolutions du marché, notamment dans les secteurs où les besoins en compétences évoluent rapidement, explique Aiche.
Une partie des jeunes reste à l’écart
Le taux de chômage ne reflète toutefois qu’une partie de la situation. Les jeunes de 15 à 29 ans sans emploi, sans études et sans formation, regroupés sous l’appellation NEET, constituent également une catégorie importante à prendre en compte.
Selon Karim Aiche, « plusieurs centaines de milliers de jeunes se trouvent dans cette situation. Près des trois quarts seraient inactifs et ne chercheraient pas activement à accéder à un emploi, le chômage ne dit toutefois pas tout»
La situation apparaît particulièrement difficile pour les jeunes femmes. Près d’une sur deux restes en dehors de l’emploi et de la formation, selon les chiffres avancés par l’expert. Cet écart limite notamment leurs possibilités d’accéder à un revenu régulier et, à terme, à une plus grande autonomie financière, souligne-t-il.
Des programmes, mais des passerelles encore fragiles
Face à ces difficultés, les pouvoirs publics ont multiplié les dispositifs destinés à favoriser l’insertion professionnelle. La feuille de route pour l’emploi prévoit notamment la création de 1,45 million d’emplois à l’horizon 2030, avec l’objectif de ramener le taux de chômage à 9%.
Des programmes comme Forsa, Awrach, Idmaj et Taehil ont également été mobilisés pour faciliter l’accès à l’emploi, soutenir les porteurs de projets et renforcer l’employabilité.
D’après les chiffres avancés par Karim Aiche, ces différents dispositifs ont contribué à près de 850.000 emplois créés entre 2021 et 2025. Pour autant, les difficultés persistent pour une partie des jeunes, notamment au moment du passage de la formation vers l’entreprise.
Le nombre de postes disponibles ne constitue donc pas le seul point à traiter. « Le pays ne manque pas seulement d’emplois, il manque de passerelles efficaces entre l’école, la formation et l’entreprise », estime Aiche.
Cette question concerne particulièrement le premier emploi, les entreprises recherchent souvent des profils immédiatement opérationnels, tandis que les jeunes sortant de formation disposent encore d’une expérience limitée. Le rapprochement entre les établissements de formation et les employeurs devient ainsi un point de vigilance, conclut-t-il.
L’emploi comme passage vers l’autonomie
Pour un jeune, l’accès à un emploi ne représente pas seulement une source de revenus, il constitue aussi une étape vers l’indépendance, il lui permet de participer aux dépenses du ménage, de financer un logement ou encore de construire progressivement un projet personnel.
La question de l’emploi des jeunes touche donc aussi à leur place dans l’économie. Une insertion tardive peut retarder plusieurs étapes de leur parcours, tandis qu’un accès plus rapide au marché du travail peut favoriser leur autonomie et leur participation à l’activité économique.
L’enjeu porte désormais sur la capacité à rapprocher davantage les formations des besoins des entreprises, mais aussi à faciliter l’accès à une première expérience professionnelle. Les prochaines années permettront de mesurer si les objectifs fixés en matière de création d’emplois se traduiront par davantage de débouchés pour les jeunes et par une insertion plus durable sur le marché du travail.
The post Emploi des jeunes : le diplôme ne garantit plus l’accès au marché du travail appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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