Posted by - senbookpro -
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Une démonstration face au Kenya (4-0), un derby maghrébin maîtrisé contre l’Algérie (1-0), puis un nul de gestion face au Sénégal (0-0) : en trois matches, les Lionnes de l’Atlas ont bouclé la phase de groupes de la CAN féminine 2026 en tête de leur poule, avec sept points et sans encaisser le moindre but.
Derrière ces résultats, une question s’impose, plus structurelle que sportive : comment transformer cet élan en avancées durables pour le football féminin national ? Car l’enjeu se déplace désormais vers les clubs, la formation et l’accompagnement des jeunes joueuses.
Pour Nadia Lamhaidi, professeure à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) et spécialiste des médias et du digital, cette réussite n’a rien d’un feu de paille : elle s’inscrit dans une dynamique de fond. « Les performances des Lionnes de l’Atlas s’inscrivent dans une dynamique du football marocain dans sa globalité », résume-t-elle.
La progression ne concerne pas la seule sélection féminine. Elle rappelle les parcours des équipes de jeunes et, surtout, la médaille de bronze décrochée par les Lionceaux de l’Atlas aux Jeux olympiques de Paris 2024.
Pour l’experte, ces résultats ne doivent rien au hasard : ils traduisent une stratégie patiemment construite. Elle en fait remonter l’origine aux Assises nationales du sport de Skhirat, en octobre 2008, et à la Lettre Royale que le Roi Mohammed VI avait alors adressée aux participants afin de fixer la feuille de route de la restructuration du sport national. De cette impulsion est notamment née l’Académie Mohammed VI de football, inaugurée en 2009 à Salé et devenue un véritable vivier de talents.
« Le football aujourd’hui, dans sa version masculine comme féminine, est un soft power », insiste Nadia Lamhaidi. Une influence qui déborde le cadre des résultats : elle se lit dans les infrastructures, l’expertise technique et la formation de compétences marocaines.

Reste que, si la sélection bénéficie d’une visibilité inédite, le renforcement du football féminin local demeure le principal chantier. « Développer le football féminin passe aussi par la Botola nationale », affirme Nadia Lamhaidi.
Sur ce terrain, le tournant date de 2020. Cette année-là, la FRMF, la Ligue nationale de football féminin (LNFF) et la Direction technique nationale ont scellé un vaste contrat-objectif, assorti de la mise en place d’un championnat professionnel à deux divisions, lancé dès la saison 2020-2021.
Les effets se mesurent déjà. La base de pratiquantes est aujourd’hui estimée à une dizaine de milliers de licenciées. Aux yeux de Nadia Lamhaidi, les clubs doivent désormais jouer un rôle encore plus important dans la formation des futures générations. L’exemple qui s’impose est celui de l’AS FAR, longtemps colonne vertébrale de la sélection. Le club militaire vient de remporter son treizième titre national, lors de la saison 2025-2026, et règne également sur le continent avec deux Ligues des champions féminines de la CAF, remportées en 2022 puis en 2025.
Le développement du football féminin ne peut pas non plus dépendre des seuls résultats de l’équipe nationale, prévient-elle. Il exige un travail de fond auprès des jeunes joueuses. « Le mental, au final, peut faire la différence lors d’un match », glisse l’universitaire.
Les Lionnes en ont administré la preuve lors de cette CAN : une défense de fer et la capacité à gérer les temps faibles, comme lors du nul face au Sénégal, leur ont permis de terminer invaincues et en tête du groupe A. Sous la houlette de Jorge Vilda, champion du monde 2023 avec l’Espagne, la sélection cultive précisément cet équilibre entre préparation technique, tactique et mentale, celui qui permet aux joueuses d’absorber la pression des grands rendez-vous.
Pour Nadia Lamhaidi, une meilleure représentation des joueuses issues des clubs marocains constitue une condition essentielle pour poursuivre cette progression. « Une plus grande implication des instances du football national dans le développement de la Botola féminine est une condition pour continuer sur cette lancée », conclut-elle.
Un message qui invite à ne pas se contenter de l’effet vitrine d’une sélection performante, mais à irriguer l’ensemble de l’écosystème afin que la relève trouve, au Maroc, les conditions propices à son éclosion.
La CAN 2026 offre au football féminin marocain une exposition inédite et un enjeu supplémentaire : en atteignant les demi-finales, les Lionnes valideraient directement leur billet pour la Coupe du monde 2027, au Brésil.
Le véritable test viendra toutefois après le tournoi. Il faudra voir si cette lumière profitera également aux clubs et aux jeunes joueuses qui rêvent, un jour, d’enfiler le maillot de la sélection nationale.
The post Football féminin : derrière l’élan des Lionnes à la CAN 2026, le défi des progrès durables appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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