Posted by - senbookpro -
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Le prolongement de la guerre Moyen-Orient, et ses répercussions sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, ravive les inquiétudes autour des chaînes d’approvisionnement en engrais. Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme un acteur stratégique dont le rôle pourrait se renforcer, comme le souligne un rapport d’Alhurra.com, appuyé par les analyses de l’économiste agricole David Laborde, directeur au sein de la FAO.
Le détroit d’Ormuz constitue un point de passage essentiel pour le commerce international, notamment pour les engrais azotés. Les pays du Golfe, aux côtés de l’Iran, figurent parmi les principaux producteurs d’ammoniac et d’urée, deux composants indispensables à l’agriculture moderne. Toute perturbation dans cette zone pourrait affecter directement l’approvisionnement des marchés mondiaux, en particulier à l’approche des saisons agricoles dans l’hémisphère nord, rapporte Alhurra.com.
Dans ce sens, David Laborde souligne que « de nombreuses exportations d’engrais azotés transitent par le Golfe », avertissant que toute perturbation de la navigation pourrait avoir un impact immédiat sur les flux mondiaux.
Les chiffres confirment cette dépendance. Selon les données relayées par Alhurra.com, les pays du Golfe et l’Iran assurent plus d’un tiers des exportations mondiales d’urée et environ un quart du commerce de l’ammoniac. L’urée reste l’un des engrais les plus utilisés au monde en raison de sa forte teneur en azote, essentielle à la croissance des cultures.
Pour Laborde, cette configuration rend le marché particulièrement vulnérable : « les engrais azotés sont les plus sensibles aux fluctuations géopolitiques », explique-t-il, en raison de leur dépendance directe au gaz naturel, ressource concentrée dans un nombre limité de pays.
Face à cette fragilité, le Maroc se distingue sur un autre segment clé : celui des engrais phosphatés. Le Royaume détient près de 70 % des réserves mondiales de phosphate, un avantage stratégique majeur dans l’équilibre du marché mondial.
Ce positionnement est porté par le groupe OCP, l’un des leaders mondiaux du secteur, qui produit chaque année environ 35 millions de tonnes de roche phosphatée et plus de 12 millions de tonnes d’engrais. Le Maroc exporte ses produits vers plus de 160 pays, consolidant son rôle dans la sécurité alimentaire mondiale, comme le rappelle Alhurra.com.
Toutefois, David Laborde nuance la portée de cet avantage. « Le Maroc est un acteur clé du marché du phosphate, mais ce marché est différent de celui des engrais azotés », souligne-t-il. Il insiste surtout sur un point fondamental : « les engrais reposent sur un équilibre entre azote, phosphore et potassium ». En d’autres termes, le phosphate ne peut pas, à lui seul, compenser un éventuel déficit en azote.
Malgré ces limites, le Maroc pourrait tirer profit d’un rééquilibrage des flux commerciaux en cas de perturbations prolongées. Mais selon Laborde, le scénario d’une crise immédiate reste peu probable. « Le monde ne fera pas face à une pénurie immédiate d’engrais, mais des perturbations de prix ou des changements dans les sources d’approvisionnement sont possibles », indique-t-il à Alhurra.com.
Cette capacité d’adaptation du marché mondial reste toutefois contrainte par les politiques de certains grands producteurs. La Chine, notamment, a imposé ces dernières années des restrictions sur ses exportations d’engrais afin de sécuriser son marché intérieur, ce qui limite les possibilités de compensation rapide en cas de choc.
Les marchés des engrais ont déjà été mis à rude épreuve ces dernières années. La guerre en Ukraine en 2022 a fortement perturbé les exportations de la Russie et de la Biélorussie, provoquant une hausse marquée des prix. « Les crises successives, de la pandémie à la guerre en Ukraine, ont laissé de nombreuses économies sous pression financière », rappelle Laborde.
Dans ce contexte, les pays les plus exposés restent ceux qui dépendent fortement des importations d’engrais. Laborde cite notamment des pays d’Asie du Sud, du Moyen-Orient et d’Afrique de l’Est, déjà fragilisés par des niveaux élevés d’insécurité alimentaire.
Ainsi, au-delà des tensions actuelles, c’est une recomposition plus profonde du marché mondial des engrais qui se dessine. Dans cette nouvelle configuration, le Maroc s’affirme comme un pilier du segment phosphaté, au cœur d’une équation globale où se croisent ressources naturelles, logistique stratégique et équilibres géopolitiques, comme le met en évidence Alhurra.com à travers l’analyse de David Laborde.
The post Guerre au Moyen-Orient : le Maroc s’impose dans une recomposition du marché mondial des engrais appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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