Posted by - senbookpro -
on - 2 hours ago -
Filed in - Society -
-
4 Views - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
La forte disponibilité des fruits saisonniers sur les marchés marocains entraîne une nette baisse des prix cet été. Si cette abondance profite aux consommateurs, elle provoque en revanche d’importantes pertes pour les agriculteurs et les commerçants, confrontés à une demande insuffisante et à des difficultés d’écoulement.
Dans les marchés de gros, les professionnels constatent une situation inhabituelle. Alors qu’ils anticipaient une hausse importante des prix des fruits saisonniers, l’abondance de l’offre a finalement provoqué l’effet inverse. Les volumes disponibles sont tels que certains produits sont désormais vendus à des prix très faibles, parfois inférieurs aux coûts engagés pour leur transport et leur commercialisation.
Selon Hicham Meknassi, professionnel du marché de gros des fruits et légumes de Meknès, la baisse des prix de certains fruits était difficile à prévoir. Les acteurs du secteur s’attendaient à des niveaux de prix beaucoup plus élevés, mais l’évolution favorable de l’offre et de la demande a complètement changé la situation.
Cette abondance a notamment contribué à réduire les phénomènes de spéculation et d’accaparement observés lors de certaines saisons précédentes. Les techniques de stockage et de réfrigération utilisées par certains commerçants pour conserver les produits dans l’attente d’une remontée des prix n’ont, elles aussi, pas permis d’inverser la tendance.
La chahdia et la pêche restent ainsi disponibles en grande quantité au mois d’août. Sur le marché de gros de Meknès, leurs prix oscillent actuellement entre 4 et 8 dirhams le kilogramme, des niveaux considérés comme très accessibles pour les consommateurs.
La chute est encore plus spectaculaire pour la pastèque. Son prix, qui atteignait environ 20 dirhams le kilogramme au début de la saison, soit 400 dirhams le quintal, est tombé jusqu’à 1 dirham le kilogramme sur le marché de gros de Meknès.
Cette situation s’explique principalement par le déséquilibre entre une production abondante et une demande qui ne progresse pas au même rythme.
Les précipitations enregistrées récemment au Maroc ont également contribué à améliorer les conditions de production agricole. Elles ont encouragé les agriculteurs à augmenter les superficies consacrées à plusieurs cultures fruitières, renforçant davantage l’offre disponible sur les marchés.
Mais derrière ces prix avantageux pour les consommateurs se cache une réalité beaucoup plus difficile pour les professionnels.
Abderrazak Chaabi, président de l’Association des commerçants du marché de gros des fruits et légumes de Casablanca, souligne que l’abondance de certains produits saisonniers a entraîné un ralentissement des ventes et une baisse de la demande. Certains circuits de commercialisation sont même devenus quasiment inexistants, ce qui complique davantage l’écoulement des marchandises.
Le cas de la pastèque, rouge comme jaune, est particulièrement révélateur. Ces fruits, qui nécessitent d’importantes quantités d’eau pour leur production, sont aujourd’hui disponibles en volumes dépassant la capacité d’absorption du marché.
Les commerçants sont ainsi contraints de réduire fortement leurs prix pour éviter que les produits ne restent invendus. Dans certains cas, les prix de vente ne couvrent même plus les frais de transport, de main-d’œuvre et les autres charges liées à la commercialisation, sans parler du capital investi ou de la marge bénéficiaire.
Le problème est accentué par la nature même des fruits d’été. Le raisin, la prune, la chahdia ou encore la pastèque sont des produits rapidement périssables. Leur conservation prolongée dans les chambres froides ne constitue pas toujours une solution, puisqu’elle peut accélérer leur détérioration au lieu de permettre une remontée des prix.
Les professionnels appellent donc à la mise en place de nouveaux débouchés et de circuits de distribution plus efficaces, afin de permettre une meilleure commercialisation de la production lors des prochaines saisons.
Cette situation illustre ainsi un paradoxe du marché agricole : une récolte abondante peut être une bonne nouvelle pour le consommateur, mais devenir une source de pertes importantes pour ceux qui produisent et commercialisent les fruits. Cet été, la baisse des prix permet aux ménages de profiter de produits plus accessibles, tandis que les agriculteurs et commerçants doivent composer avec une forte pression sur leurs revenus.
The post L’abondance des fruits d’été fait chuter les prix et fragilise les revenus des agriculteurs et commerçants appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
At our community we believe in the power of connections. Our platform is more than just a social networking site; it's a vibrant community where individuals from diverse backgrounds come together to share, connect, and thrive.
We are dedicated to fostering creativity, building strong communities, and raising awareness on a global scale.