Posted by - senbookpro -
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Les liens énergétiques entre l’Europe et l’Afrique se resserrent à mesure que l’Union européenne accélère sa transition vers les énergies propres et cherche à sécuriser ses approvisionnements en ressources stratégiques dans un contexte de fortes incertitudes géopolitiques. Cette convergence d’intérêts, portée par la montée en puissance des minerais critiques et des énergies renouvelables, était au cœur des échanges lors de la Semaine européenne de l’énergie durable, organisée à Bruxelles du 9 au 11 juin 2026.
Selon des informations relayées par la plateforme spécialisée Attaqa, les discussions entre responsables européens, experts et représentants du secteur ont mis en évidence la nécessité d’articuler les ambitions climatiques de l’Europe avec les priorités économiques des pays africains. Pour ces derniers, l’exploitation des ressources énergétiques ne constitue pas uniquement un levier de décarbonation, mais également un moteur de développement industriel et de création d’emplois.
S’exprimant dans des déclarations rapportées par la plateforme Renewables Now, le chef de l’unité des programmes régionaux et multinationaux pour l’Afrique au sein de la Commission européenne a souligné que les deux continents partagent des objectifs communs : stimuler la croissance, créer des emplois, renforcer leur résilience et consolider leur autonomie stratégique.
Dans cette perspective, il a insisté sur le rôle central des matières premières critiques dans la construction d’un partenariat énergétique renouvelé entre l’Europe et l’Afrique. Le continent africain concentre, selon lui, près de 30 % des réserves mondiales connues de minerais essentiels, indispensables à la fabrication des panneaux solaires, des éoliennes, des véhicules électriques et des batteries. Une telle disponibilité des ressources pourrait permettre à l’Union européenne de réduire sa dépendance à un nombre limité de fournisseurs tout en favorisant une plus grande création de valeur sur le continent africain.
Mais cette complémentarité reste confrontée à plusieurs zones d’ombre. Le chef de la division Action climatique et transition verte au sein du Centre européen de gestion des politiques de développement estime que deux principaux facteurs freinent les investissements : l’incertitude entourant l’ampleur et le calendrier de la future demande européenne, ainsi que le manque de visibilité sur l’évolution du cadre réglementaire.
Selon ce responsable, de nombreux projets industriels verts développés en Afrique — de la transformation des minerais à la production d’hydrogène — reposent largement sur les perspectives d’exportation vers l’Europe. Or, si Bruxelles encourage les investissements industriels verts aussi bien en Afrique du Nord qu’en Afrique subsaharienne, les débouchés réels restent difficiles à anticiper.
Le même responsable, cité dans le rapport consulté par Attaqa, relève que la demande européenne pour ces produits demeure encore insuffisamment définie. L’Union européenne cherche à éviter de reproduire une dépendance excessive vis-à-vis de nouveaux fournisseurs, tandis que l’évolution permanente de ses politiques industrielles et de ses réglementations rend plus complexe la planification des investisseurs et des gouvernements. Cette situation entretient une incertitude qui pénalise les pays africains souhaitant s’imposer comme des partenaires durables au sein des futures chaînes de valeur vertes.
Pour le conseiller chargé de la transition juste auprès de la fondation Power Shift Africa, les atouts du continent africain demeurent pourtant considérables. Il souligne que l’Afrique bénéficie d’un potentiel exceptionnel en énergie solaire dans sa partie septentrionale, ainsi que d’importants corridors de production solaire et éolienne en Afrique australe.
Il cite notamment la Namibie, le Botswana, l’Afrique du Sud et certaines régions du Zimbabwe comme des territoires capables de produire une électricité verte parmi les moins coûteuses au monde. Une telle compétitivité, estime-t-il, ouvre la voie au développement d’industries fortement consommatrices d’énergie, notamment dans les secteurs du fer et de l’acier verts, des engrais ou encore de l’hydrogène.
Toutefois, l’exploitation de ce potentiel nécessitera, selon lui, une profonde révision des modèles actuels de financement. Le recours quasi exclusif au secteur privé ne permet pas, à ses yeux, d’établir des partenariats véritablement équilibrés avec les pays africains. Les investisseurs privilégient généralement les marchés offrant les risques les plus faibles et des garanties solides, des conditions que les gouvernements africains ne sont pas toujours en mesure de réunir.
Le responsable plaide ainsi pour des mécanismes de financement davantage fondés sur la coopération, associant des institutions conscientes des enjeux stratégiques de long terme liés à la lutte contre le changement climatique, au renforcement de la résilience et au développement d’une industrialisation durable en Afrique. Selon les intervenants réunis lors de la Semaine européenne de l’énergie durable, l’avenir du partenariat énergétique euro-africain dépendra désormais autant de la richesse des ressources naturelles du continent que de la capacité des deux parties à instaurer un cadre d’investissement stable, prévisible et mutuellement bénéfique.
The post Minerais critiques, hydrogène, solaire : L'Afrique au cœur de la stratégie énergétique européenne appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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