Posted by - senbookpro -
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Le modèle religieux marocain, souvent cité en exemple pour sa résilience, fait l’objet d’un décryptage académique approfondi. Dans une étude intitulée « Imarat Al-Mouminine et le rite malékite au Maroc : liens historiques, spirituels et constitutionnels », le chercheur Abderrahim Hammana met en lumière l’interdépendance entre l’institution de la Commanderie des croyants et le rite malékite.
Ceux piliers permettent, selon l’auteur, de structurer l’identité nationale et garantir un équilibre singulier entre référentiel confessionnel et exigences de l’État moderne.
Alors que de nombreuses nations du monde arabo-musulman ont relégué la légitimité religieuse au second plan de leurs architectures juridiques, le Maroc a fait le choix de la consolidation institutionnelle. L’étude rappelle que le texte constitutionnel de 2011 a parachevé cette trajectoire en installant la Commanderie des croyants au sommet de la hiérarchie institutionnelle.
En sa qualité d’Amir Al-Mouminine, le Souverain préside le Conseil supérieur des Oulémas, veille au libre exercice des cultes et exerce les prérogatives liées au Grand Imamat (Imama Al-Ouzma), notamment à travers la nomination des magistrats, des oulémas et le scellement des dahirs à portée religieuse.
Ce cadre s’articule organiquement avec le rite malékite, doctrine jurisprudentielle prédominante dans le Royaume depuis des siècles. Ce binôme fonctionne comme une structure globale où le malékisme fournit le cadre législatif et doctrinal, tandis que l’Imarat assure la haute régulation et la protection des constances.
L’ancrage historique de ce modèle remonte aux fondations de l’État idrisside, avant d’être perpétué par les dynasties successives jusqu’à son autonomisation sous l’ère alaouite dès le XVIIe siècle. L’analyse du Dr. Hamana démontre que la force du rite malékite réside dans sa plasticité théologique. En s’appuyant sur des concepts tels que l’intérêt général (الـمصلحة الـمرسلة) ou la considération des coutumes (العرف), ce référentiel permet au Maroc de faire évoluer son corpus juridique et sociétal sans rupture avec les finalités de la Charia (مقاصد الشريعة).
Cette approche, basée sur la jurisprudence collective (Ijtihad jamaï) et la concertation permanente entre le Trône et le corps des Oulémas, a permis au Royaume de déployer une véritable « diplomatie religieuse ». Le modèle d’islam du juste milieu (Wassatiya) s’exporte ainsi activement, notamment en Afrique de l’Ouest, à travers la formation des imams et le maillage des sections de la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains.
Sur le plan de la cohésion sociale, l’étude souligne le rôle central de la filiation chérifienne de la dynastie alaouite, un facteur de légitimité symbolique fort au sein de la culture politique marocaine. Ce lien de affection prophétique (Al-Mahabba an-Nabawiya) est historiquement relayé et consolidé par le tissu des zaouïas et des confréries soufies de sensibilité malékite (Chadhiliya, Tijaniya, Qadiriya), agissant comme des stabilisateurs sociétaux.
En conclusion, nous dit l’auteur, la symbiose entre l’institution monarchique et le choix doctrinal malékite constitue le socle de la feuille de route de restructuration du champ religieux initiée par le Roi Mohammed VI. Reposant sur le triptyque « Dogme achâarite, rite malékite et soufisme sunnite », cette architecture immunise le tissu social contre les courants doctrinaux exogènes, tout en apportant des réponses adaptées aux problématiques contemporaines, qu’il s’agisse de finance participative ou du statut des minorités musulmanes.
The post Modèle religieux : comment le binôme "Grand Imamat" et Malékisme sécurise la résilience du Royaume appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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