Posted by - senbookpro -
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Ce début de semaine, les autorités du Qatar ont annoncé l’arrestation de plus de 300 personnes pour publication d’images et d’informations trompeuses lors des attaques de l’Iran contre ce petit Etat du Golfe,.
Un communiqué du ministère qatari de l’Intérieur précise que les 313 personnes interpellées, « de diverses nationalités, ont filmé et diffusé des séquences vidéo, et publié des informations trompeuses ainsi que des rumeurs ».
A Bahreïn, au Koweït, aux Emirats arabes unis ou encore en Arabie Saoudite, les autorités ont mi en garde, sous peine de poursuites judiciaires, les personnes qui propageraient de fausses informations, images ou vidéos que la Guerre.
Mais, en dépit de ces mises en garde, des images de missiles, de drones et des conséquences de la guerre, vraies ou fausses, continuent de circuler sur les réseaux sociaux et dans les discussions de groupe.
En effet, alors que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et les ripostes de Téhéran alimentent une nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient, un autre front se déploie en parallèle : celui de l’information. Sur les réseaux sociaux, vidéos truquées, images générées par intelligence artificielle et séquences sorties de leur contexte se multiplient, nourrissant une bataille des récits où chaque camp tente d’imposer sa version du conflit.
Dans cet affrontement numérique, chaque camp tente d’imposer sa propre lecture des faits. Les plateformes comme X ou Telegram sont devenues les principales arènes de cette confrontation informationnelle, où les images spectaculaires et les récits sensationnalistes circulent à une vitesse bien supérieure à celle des vérifications journalistiques.
Depuis le début des frappes et des représailles, des chercheurs spécialisés dans l’analyse de la désinformation ont observé une multiplication de contenus trompeurs diffusés par des comptes militants ou anonymes.
Selon l’Institute for Strategic Dialogue (ISD), plusieurs réseaux de comptes favorables à l’Iran ont diffusé d’anciennes vidéos sorties de leur contexte afin d’exagérer les dégâts causés par les frappes iraniennes contre Israël et certains États du Golfe. Ces images, parfois issues de conflits plus anciens, sont présentées comme des séquences récentes afin de donner l’impression d’une puissance militaire iranienne plus destructrice qu’elle ne l’est réellement sur le terrain.
Pour les analystes, cette stratégie vise moins à informer qu’à influencer les perceptions. « Il existe clairement une guerre des récits en ligne », souligne le chercheur Moustafa Ayad. Selon lui, ces contenus servent à la fois à galvaniser les partisans et à affaiblir psychologiquement les adversaires.
Mais la désinformation ne provient pas d’un seul camp. Des comptes liés à l’opposition iranienne ont également diffusé de fausses informations, notamment en attribuant à tort au gouvernement iranien une attaque contre une école de filles en Iran. Là encore, l’objectif semble être d’alimenter la colère de l’opinion publique et de fragiliser le régime.
La nouveauté de cette guerre informationnelle réside dans l’ampleur des technologies utilisées. Les chercheurs ont identifié de nombreuses vidéos issues de jeux vidéo militaires présentées comme de véritables frappes de missiles. D’autres images, entièrement générées par intelligence artificielle, montrent par exemple des navires de guerre américains prétendument détruits, dont le porte-avions USS Abraham Lincoln.
Ces visuels spectaculaires, souvent accompagnés de messages alarmistes, ont cumulé des millions de vues. Selon l’organisme de surveillance de la désinformation NewsGuard, certains contenus manipulés liés au conflit ont dépassé à eux seuls les 20 millions de consultations sur X.
Pour les spécialistes, cette viralité s’explique par la logique même des réseaux sociaux : les images les plus choquantes ou les plus spectaculaires sont celles qui circulent le plus rapidement, indépendamment de leur authenticité.
Un autre phénomène inquiète les chercheurs : la prolifération de faux comptes se faisant passer pour des responsables politiques ou militaires iraniens. Ces profils fabriqués diffusent de prétendues déclarations officielles, souvent inventées, qui contribuent à semer la confusion dans l’espace informationnel.
Dans un contexte de tension extrême, ces manipulations peuvent avoir des effets bien réels. Une fausse déclaration attribuée à un dirigeant peut déclencher des réactions diplomatiques, alimenter la panique ou encore influencer les marchés.
Face à cette vague de désinformation, les plateformes numériques tentent de réagir, parfois tardivement. La société dirigée par Elon Musk a annoncé la suspension pendant 90 jours de son programme de partage des revenus pour les comptes diffusant des vidéos de conflits générées par intelligence artificielle sans le signaler.
Pour Nikita Bier, responsable produit chez X, l’enjeu est crucial : « en temps de guerre, l’accès à des informations fiables provenant du terrain est essentiel ». Or, les progrès rapides de l’intelligence artificielle rendent désormais extrêmement facile la création de contenus trompeurs.
Ce revirement intervient alors que la plateforme est régulièrement critiquée pour son relâchement dans la modération des contenus depuis son rachat en 2022.
La guerre en cours au Moyen-Orient illustre ainsi une transformation profonde des conflits contemporains. Au-delà des frappes et des mouvements militaires, les États et leurs alliés mènent désormais des batailles narratives visant à influencer les opinions publiques, à démoraliser l’adversaire et à contrôler la perception mondiale des événements.
Dans ce nouvel environnement informationnel, la vitesse de diffusion des images et la puissance des outils d’intelligence artificielle font de la désinformation une arme à part entière. Une arme d’autant plus redoutable qu’elle agit dans l’ombre, au cœur même des réseaux qui structurent désormais l’information mondiale.
The post Moyen-Orient : dans l’ombre des frappes, se développe aussi la guerre de la désinformation appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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