Dans les faits, le cartel n’est plus en mesure de rehausser sa production aux niveaux de ses quotas, ni d’augmenter ces derniers car « certains membres du groupe ont connu une baisse de leur capacité de production », explique Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
La guerre au Moyen-Orient a plombé la production des pays du Golfe, contraints à serrer les vannes en raison de la paralysie du détroit d’Ormuz orchestré par l’Iran.
Le flux du transport maritime dans la région avait pourtant connu une embellie après la signature du protocole d’accord irano-américain en juin. Cela s’était traduit par une hausse de la production par rapport à mai, selon les chiffres de l’Opep.
Toutefois, la reprise des hostilités au Moyen-Orient en juillet a provoqué une rechute de la navigation dans le détroit d’Ormuz ainsi qu’une hausse des risques en mer Rouge, ce qui devrait se concrétiser par un creux du nombre de barils produits.
De plus, la Russie, dont les infrastructures pétrolières sont la cible fréquente des attaques de drones ukrainiens, peine à conserver une production proche des 9 mb/j contre un objectif actuellement fixé à 9,8 mb/j.
« Pour l’instant, la géopolitique masque l’ampleur de l’augmentation de l’offre (réalisée par l’Opep+, ndlr). Celle-ci deviendra beaucoup plus claire une fois que les flux d’exportation se seront normalisés », indique M. Leon.Refonte à venir des quotas
L’échéance à laquelle le cartel pourra effectivement accroître ses volumes reste floue, mais certains pays membres, comme l’Irak, ont affiché leur volonté de produire sensiblement plus.
En ce moment, « le groupe mène un processus visant à fixer les niveaux de capacité maximale durable » de production pour chacun de ses membres, précise M. Staunovo.
L’Opep+ « se prépare à des discussions potentiellement difficiles », jugent les analystes de DNB Carnegie, car cette révision doit servir de base à la refonte des quotas au sein de l’organisation à partir de l’année prochaine.
« Pour le moment la cohésion du groupe n’est pas en jeu », selon M. Leon, mais le départ de l’organisation des Emirats arabes unis en mai a mis en exergue une fragilité à ce niveau.
Abou Dhabi avait cité ses « objectifs stratégiques à long terme » pour expliquer son départ, le pays ayant notamment multiplié les annonces d’investissement ces dernières années pour augmenter sa capacité de production pétrolière, ce qui paraissait peu compatible avec le maintien de quotas plus restrictifs.
