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La profession pharmaceutique au Maroc est confrontée à deux réformes majeures : la généralisation du tiers payant et la dématérialisation de la feuille de soins. La Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM) alerte sur les impacts de ces mesures et réclame une concertation approfondie avec les acteurs du secteur avant leur mise en œuvre.
La mise en place du système de tiers payant applicable (TPA) et la numérisation de la feuille des soins suscitent des inquiétudes chez les pharmaciens marocains. Selon la FNSPM, ces réformes, bien que potentiellement bénéfiques, présentent de nombreuses lacunes qui risquent de fragiliser davantage le secteur officinal. L’absence de concertation et le manque de préparation sont pointés du doigt, tandis que la fédération met en avant les difficultés structurelles et économiques que ces changements pourraient engendrer.
Le tiers payant, qui permet aux assurés d’obtenir leurs médicaments en pharmacie sans avance de frais, est critiqué pour ses dysfonctionnements et ses effets inégalitaires. La FNSPM dénonce notamment le non-respect de certaines clauses essentielles de l’accord régissant ce dispositif. L’absence de formation continue pour les pharmaciens, avec seulement trois sessions organisées depuis l’entrée en vigueur de la convention, constitue un frein majeur à son bon fonctionnement.
De plus, la commission chargée du suivi et de la régulation, pourtant prévue par la convention, n’a jamais été mise en place, laissant place à des pratiques inéquitables. Certains patients se voient ainsi orientés vers des officines spécifiques, créant une distorsion de concurrence et favorisant des privilèges injustifiés. Devant ces irrégularités, la fédération envisage d’examiner la possibilité de résilier la convention actuelle lors de son prochain conseil fédéral.
Concernant la digitalisation de la feuille de soins, la FNSPM s’inquiète des défis techniques et financiers qu’elle impose aux pharmacies. De nombreuses officines, notamment en zones rurales, ne disposent pas d’un équipement informatique adapté ni d’une connexion Internet fiable, rendant difficile l’application effective de cette réforme. L’achat et la maintenance du matériel nécessaire, ainsi que les abonnements aux logiciels de gestion, représentent une charge supplémentaire pour les pharmaciens, déjà confrontés à des marges réduites. Par ailleurs, la fédération met en garde contre les risques de pannes techniques susceptibles de perturber l’accès aux médicaments pour les patients.
L’aspect réglementaire constitue également un frein à la mise en place de la prescription électronique. Le cadre juridique actuel, notamment le Dahir de 1922 encadrant l’usage des substances vénéneuses, ne prend pas en compte les évolutions numériques du secteur médical. La FNSPM appelle ainsi à une révision de cette législation pour garantir une transition numérique en toute sécurité. Elle insiste également sur la nécessité d’un système de traçabilité rigoureux des médicaments via la sérialisation par codes-barres afin d’assurer un suivi fiable et sécurisé.
Face à ces enjeux, la FNSPM exhorte les autorités à adopter une approche participative en associant les représentants du secteur pharmaceutique aux discussions avant toute mise en application. Une transition numérique et une réforme du tiers payant ne sauraient être viables sans une préparation minutieuse, une infrastructure adéquate et une régulation équitable. Pour garantir un service pharmaceutique de qualité, la fédération plaide pour un dialogue approfondi et une adaptation progressive des réformes aux réalités du terrain.
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