Posted by - senbookpro -
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Face à une volatilité inédite des prix du pétrole, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, met en garde contre des impacts potentiellement lourds sur l’économie nationale, tout en appelant à une gestion prudente et réactive de la politique monétaire.
Après la décision de Bank Al-Maghrib de maintenir son taux directeur à 2,25%, la véritable préoccupation exprimée par Abdellatif Jouahri, lors du point de presse qu’il a tenu ce mardi 17 mars , concerne l’évolution des prix de l’énergie, devenue le principal facteur d’incertitude pour l’économie marocaine.
Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques persistantes, le wali a longuement détaillé les hypothèses retenues par la Banque centrale dans le cadre de ses stress tests, mettant en lumière l’ampleur des risques qui pèsent sur les équilibres macroéconomiques.
Pour évaluer les risques, Bank Al-Maghrib s’appuie sur un large éventail de prévisions émanant d’institutions internationales, de banques et d’organismes publics. Et le constat est sans appel : l’incertitude est totale.
« Les hypothèses vont du simple au double », a souligné Jouahri, évoquant des projections de prix du baril allant de 70 à 140 dollars, certaines institutions n’excluant même pas des niveaux susceptibles de provoquer une récession mondiale en cas de maintien prolongé de la guerre opposant Les États-Unis et Israël à l’Iran.
Face à cette volatilité, BAM retient une hypothèse centrale autour de 80 dollars le baril, tout en testant des scénarios plus exceptionnels à 100, voire 130 dollars. Ces exercices ne sont pas anodins: ils permettent de mesurer les effets en chaîne sur la balance des paiements, l’inflation et les finances publiques.
La facture énergétique du Maroc, déjà passée de 110 à 125 milliards de dirhams, pourrait ainsi atteindre 150 milliards en cas de flambée des prix. Une évolution qui poserait directement la question de la répercussion sur les consommateurs et du coût budgétaire de la compensation.
Dans ce contexte, Jouahri insiste sur la nécessité d’une gestion agile : les décisions de politique monétaire seront prises « réunion par réunion », avec une actualisation continue des données. La tenue d’une réunion exceptionnelle du Conseil n’est d’ailleurs pas exclue si la situation l’exige.

Interrogé sur un éventuel effet d’éviction au détriment des TPME, dans un contexte de mobilisation accrue de financements pour les grands projets, le wali de Bank Al-Maghrib se veut rassurant.
« Nous ne pensons pas qu’il y ait un effet d’éviction », a-t-il affirmé, estimant que la problématique se situe davantage au niveau de la bancabilité des projets que de la disponibilité du crédit.
Pour y remédier, plusieurs chantiers sont en cours. Un nouveau système de scoring des TPE, développé avec les bureaux de crédit, sera prochainement présenté aux banques afin de faciliter le traitement des dossiers. Parallèlement, l’accompagnement des entreprises sera renforcé, avec un rôle accru confié à Maroc PME.
Le dispositif de garantie a également été amélioré via Tamwilcom, avec des taux de couverture portés à 75% et jusqu’à 80% pour les entreprises dirigées par des femmes.
Surtout, Jouahri a rappelé l’existence d’une marge de financement encore importante : les capacités mobilisables en faveur des TPME sont estimées à 450 milliards de dirhams, contre 160 milliards actuellement. « La marge est encore large », a-t-il insisté.
Sur un volet, le wali a annoncé une avancée notable concernant la présence des banques marocaines en Europe, dans le cadre de la nouvelle réglementation encadrant les établissements non européens.
L’accord conclu avec la France a été validé par la Commission européenne, permettant aux banques marocaines de poursuivre leurs activités sans perturbations majeures.
Fort de ce premier succès, le Maroc a engagé une série de discussions avec d’autres pays européens. Après des échanges avec les Pays-Bas et la Belgique, des négociations doivent s’ouvrir avec l’Espagne et l’Italie, marchés jugés stratégiques.
« Nous restons confiants », a assuré Jouahri, soulignant que l’accord avec la France constitue un levier important pour faciliter les discussions avec les autres partenaires.
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