Posted by - senbookpro -
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Les opérations de libération du domaine public engagées par les autorités à Rabat continuent de transformer le paysage urbain de la capitale. Comme l’avait révélé Hespress FR il y a quelques semaines, la campagne a d’abord ciblé le quartier de l’Agdal avant de s’étendre progressivement à d’autres secteurs de la « ville lumière ». Si ces interventions répondent à une volonté affichée de réorganiser l’espace public, elles suscitent une vive inquiétude parmi les professionnels, des cafés et restaurants aux commerces de proximité.
Dans ce contexte, le Syndicat marocain des commerçants et des professionnels, affilié à l’Union marocaine du travail (UMT), appelle à un règlement définitif de la question des autorisations administratives. Par la voix de sa section provinciale de Rabat, il rappelle que le ministre de l’Industrie et du Commerce avait auparavant affirmé qu’aucune autorisation n’était exigée pour exercer une activité commerciale.
Réunis samedi au siège de l’UMT à Rabat lors d’une rencontre d’information et de concertation, les commerçants ont affiché leur détermination à s’opposer à toute campagne qu’ils estiment porter atteinte à leur activité. Dans un communiqué dont Hespress FR détient copie, le syndicat affirme que les devantures des commerces constituent « une partie intégrante de leur fonds de commerce et des fondements mêmes de leur activité », tout en réaffirmant leur volonté de défendre leurs intérêts « par tous les moyens légitimes ».
Le syndicat tient également les autorités locales pour responsables des conséquences de la situation actuelle. Les commerçants disent notamment ne pas comprendre pourquoi certains représentants de l’autorité leur demandent désormais de stocker, à l’intérieur de leurs boutiques, les cages destinées aux bouteilles de gaz.
Cette question revêt, selon eux, une dimension économique importante. Les participants à la réunion rappellent que la distribution des bouteilles de gaz constitue un service rendu aux citoyens et que la marge bénéficiaire de cette activité ne dépasse pas 4 %. Ils préviennent, dans ces conditions, qu’ils sont disposés à renoncer à la vente du gaz si les modalités actuelles demeurent inchangées.
Au-delà de cette revendication, le syndicat interpelle le Conseil communal de Rabat afin qu’il « assume ses responsabilités » en simplifiant les procédures administratives et en trouvant des solutions pratiques pour régulariser la situation des stores, des auvents, des enseignes publicitaires ainsi que des autorisations d’occupation temporaire du domaine public, dans le respect de la loi et des intérêts des commerçants.
La Chambre de commerce, d’industrie et de services de Rabat est également appelée à intervenir. Les professionnels demandent à son président ainsi qu’aux membres de son bureau de jouer pleinement leur rôle en portant les préoccupations des commerçants, en représentant leurs intérêts et en assurant leur défense.
Interrogé par Hespress, Issa Ouchout, secrétaire général national du Syndicat marocain des commerçants et des professionnels affilié à l’UMT, explique que cette réunion revêtait un caractère à la fois consultatif et décisionnel. Selon lui, elle a permis aux commerçants de réfléchir aux formes de mobilisation qu’ils pourraient adopter dans les prochaines semaines. Il souligne également la forte participation enregistrée, signe, selon lui, d’un profond mécontentement. Les commerçants estiment ne pas être responsables de la situation actuelle, rappelant qu’ils n’étaient jusqu’à présent soumis à aucune obligation de détenir une autorisation pour exercer leur activité.
Le responsable syndical affirme que les professionnels souhaitent, avant tout, régulariser leur situation. Ils demandent toutefois que les démarches administratives soient simplifiées, en particulier pour les commerçants installés depuis de nombreuses années. À cet égard, ils proposent de limiter les documents exigés pour l’obtention des autorisations à la taxe professionnelle, au numéro du registre du commerce, à une copie de la carte nationale d’identité, à une déclaration sur l’honneur ainsi qu’à une facture d’eau et d’électricité.
Issa Ouchout réaffirme par ailleurs que les activités commerciales « ne présentent aucun risque particulier et n’ont jamais été soumises à l’obligation de disposer d’une autorisation ». Il précise que les commerçants ne s’opposent pas aux mesures destinées à améliorer l’esthétique de la capitale, mais regrettent de ne pas avoir été informés ni associés en amont au lancement de cette campagne.
Selon lui, les modalités actuelles de l’opération ont créé une forme de « désordre » et exposent les commerçants à des pertes financières, notamment en raison du retrait des auvents. Certains se voient désormais contraints d’utiliser des cartons ou des couvertures pour protéger leurs marchandises et leurs vitrines. Il souligne enfin que la très grande majorité des commerçants de Rabat ne disposent pas des autorisations désormais réclamées par les autorités.
En conclusion de son communiqué, le Syndicat marocain des commerçants et des professionnels réaffirme sa volonté de résoudre l’ensemble des difficultés soulevées « à travers un dialogue sérieux et responsable avec les différentes parties concernées ». Il appelle enfin les commerçants à poursuivre leur mobilisation, à resserrer les rangs autour de leur organisation syndicale et à demeurer prêts à défendre leurs droits et leurs intérêts afin de préserver le commerce de proximité et son rôle économique et social.
Si cette campagne suscite une vive contestation chez une partie des commerçants, elle est en revanche largement saluée par de nombreux habitants, notamment dans le quartier de l’Agdal, où les trottoirs redeviennent progressivement accessibles. Plusieurs riverains estiment que, si certains commerçants respectaient les limites de l’espace qui leur était autorisé, d’autres occupaient la quasi-totalité du domaine public, rendant parfois la circulation des piétons difficile, voire impossible. Une situation particulièrement pénalisante pour les personnes à mobilité réduite, les parents accompagnés de poussettes ou encore les personnes âgées, qui voient dans cette opération un retour à un partage plus équilibré de l’espace public.
The post Rabat : la libération des trottoirs pousse les commerçants à menacer de suspendre la vente du gaz appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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