Posted by - senbookpro -
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Les récentes attaques au Mali ont fait ressurgir la nécessité d’un changement de cap dans le pays face à l’extension de la menace terroriste qui risque de s’étendre aux pays d’Afrique de l’Ouest via les routes commerciales. De récents rapports ont souligné l’étendue de la menace terroriste, caractérisée par une diversification des zones d’action et une interconnexion croissante entre groupes armés au Sahel.
« Les groupes islamistes militants du Sahel, de la Somalie et du bassin du lac Tchad sont de mieux en mieux organisés et capables, ce qui leur permet d’étendre leur portée et leur létalité », a indiqué un rapport du Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA).
La même source est revenue sur les attaques coordonnées qui se sont produites dans tout le Mali les 25 et 26 avril, dans lesquelles le ministre de la Défense Sadio Camara a été tué. Pour le centre, elles « ne constituent pas une escalade isolée, mais sont plutôt la manifestation la plus récente d’une trajectoire sécuritaire en détérioration constante ».
La publication explique que « ces dernières années, les groupes islamistes militants au Mali, notamment ceux qui constituent le Jama’at Nusrat al Islam wal Muslimeen (JNIM), ont étendu leur portée, augmenté leur coordination opérationnelle et intensifié leur pression sur les centres militaires, politiques et économiques clés du pays ».
Les attaques revendiquées par le JNIM et conduites en coordination avec des forces séparatistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont ciblé des sites allant de Bamako dans le sud, au centre et au nord du Mali. L’ampleur et la répartition géographique des attaques « mettent en évidence un schéma qui se développe depuis longtemps et qui reflète un environnement sécuritaire de plus en plus fragile », constate le CESA.
Les chiffres du terrorisme dans la région du Sahel sont édifiants : les morts imputables aux groupes islamistes militants continuent d’atteindre des niveaux records. Au niveau continental, au moins 23 968 morts ont été enregistrées en 2025, constituant une augmentation de 24 % par rapport à 2024. Avec 8 375 événements signalés imputables aux groupes djihadistes, « ce chiffre est le plus élevé jamais enregistré sur le continent ».
Le Sahel, pour sa part, « continue de subir le plus grand nombre de morts imputables aux groupes islamistes militants de toute région du continent, une position que le Sahel maintient depuis cinq ans », souligne le rapport. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger continuent de subir une pression intense de la part des groupes islamistes militants, qui ont poussé vers le sud et les régions plus peuplées de chacun de ces pays. « Quasiment 9 826 morts ont été signalées dans la région, ce qui représente 41 % des morts imputables aux groupes islamistes militants en Afrique », souligne la même source.
Il s’agit en outre de la plus grande portée géographique de la menace terroriste dans cette région, qui s’étend sur plus de 1 200 kilomètres d’est en ouest, et où la coalition du Jama’at Nusrat al Islam wal Muslimeen (JNIM) est le principal facteur de violence. Cette année, 78 % des morts dans la région (et 2 502 des 3 039 événements signalés) lui sont imputables, tandis que 19 % des morts signalées au Sahel sont imputables à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), qui sévit principalement dans l’ouest du Niger et l’est du Mali, et qui « se distingue par le niveau de violence qu’il fait subir aux civils ».
Un autre rapport du CESA estime que « la chute de Bamako mettrait le pays de 25 millions d’habitants sous le joug d’un régime islamiste ultraorthodoxe, un style de vie étranger à la plupart des Maliens qui ont une interprétation plus modérée de l’islam ». Il souligne ainsi les liens proches entre l’imam Mahmoud Dicko, exilé et protégé par l’Algérie, et Iyad Ag Ghaly, le chef en titre du JNIM.
Leurs liens « ont alimenté des rumeurs sur l’émergence d’un tel État théocratique », avance le CESA, en estimant qu’un régime dirigé par des groupes islamistes militants pourrait créer un vaste refuge permettant aux réseaux terroristes internationaux de s’entraîner, de recruter et d’organiser des attentats en dehors du Mali.
Dans cette dynamique sécuritaire au Sahel, qui s’inscrit dans une profondeur historique marquée par la circulation de groupes armés et de réseaux jihadistes entre l’Algérie et les pays sahéliens depuis les années 1990 et 2000, des accusations maliennes directes ont ciblé le rôle d’Alger.
Le Mali est sorti des Accords d’Alger de 2015 en janvier 2024, des accords dans lesquels Iyad Ag Ghaly a été impliqué à différents moments dans des processus de négociation ou de médiation, où Alger était un acteur diplomatique clé. Par ailleurs, plusieurs factions issues du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu par la suite Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ont progressivement déplacé leurs zones d’opération vers le sud, notamment vers le nord du Mali, contribuant à structurer un espace transfrontalier caractérisé par des zones de repli, des circuits de contrebande et des logiques d’hybridation entre criminalité organisée et terrorisme.
En septembre 2024, lors de la 79e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, Abdoulaye Maïga, ministre d’État et porte-parole du gouvernement malien, avait porté des accusations directes contre l’Algérie, l’accusant « d’offrir le gîte et le couvert » à « des terroristes et des renégats en débandade ».
Des accusations réitérées récemment par le ministre malien des Affaires étrangères, qui a déclaré que des pays voisins « abritent ou soutiennent des groupes terroristes », propos interprétés comme visant Alger.
Face à cette situation sécuritaire hautement dégradée au Mali, le CESA recommande d’élargir l’espace politique et de réintroduire des dirigeants civils, ainsi que de s’engager auprès d’une coalition plus large de parties prenantes maliennes, tout en facilitant la reconstruction d’efforts de coopération sécuritaire et économique au niveau régional, notamment avec les pays voisins, la CEDEAO, les Nations unies et d’autres partenaires internationaux.
The post Sahel: Le Mali, épicentre d’une menace djihadiste en expansion régionale appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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