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on - Mar 27 -
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L’Italie a fait preuve de prudence dans le dossier du Sahara. En marge d’une visite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni en Algérie, ses réponses sur le sujet ont montré une volonté de maintenir un équilibre diplomatique sans s’aligner clairement sur l’une des parties.
Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de blocage du Détroit d’Ormuz par l’Iran, l’Europe cherche à sécuriser ses intrants de gaz et de pétrole. Alors qu’un tiers de l’énergie mondiale transite par ce détroit stratégique, les pays du Vieux Continent cherchent des alternatives.
L’Italie avait déjà tiré son épingle du jeu dès la guerre entre l’Ukraine et la Russie qui avait vu des embargos sur le gaz russe. Rome s’était alors dirigée vers Alger pour combler son manque d’énergie tout en profitant d’une proximité géographique liant les deux pays méditerranéens.
Alors qu’aujourd’hui le gaz algérien représente 36% du gaz utilisé en Italie, avec la nouvelle crise au Moyen-Orient, une visite officielle de la Première ministre italienne s’imposait dans son agenda.
Depuis Alger, Giorgia Meloni a discuté avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, de gaz mais aussi dossiers régionaux, actualité oblige. Le dossier du Sahara qui complique la position italienne vis à vis du Maroc, était tout naturellement abordé.
Le président algérien qui était en terrain conquis, notamment à cause du dossier stratégique du gaz en de pareilles circonstances, s’est laissé tenté par l’utilisation de ses formules habituelles au sujet de l’autodétermination. Il a déclaré que l’Algérie et l’Italie soutenaient une «solution juste à la question du Sahara occidental, garantissant au peuple sahraoui d’exercer son droit imprescriptible à l’autodétermination, conformément aux principes de la Charte des Nations unies et des résolutions du Conseil de sécurité».
De son côté Giorgia Meloni a préféré ne pas prendre position et observant une prudence diplomatique, tout en prenant en compte les priorités énergétiques de son pays. Elle a souligné à ce titre « l’amitié profonde » entre l’Algérie et l’Italie.
La Première ministre italienne a affirmé dans une réponse à une question avoir discuté du Sahara avec Abdelmadjid Tebboune, et a souligné « le soutien de l’Italie aux négociations en cours pour trouver une solution durable, mutuellement acceptable et en ligne avec les acquis des Nations unies ».
L’Italie reste à la traine par rapport aux autre pays européens pour appuyer le plan d’autonomie marocain au Sahara, à cause de sa dépendance au gaz algérien. La visite de Meloni de quelques heures à Alger dans le contexte brûlant de la guerre, s’explique par sa volonté de sécuriser ses approvisionnements et peut-être même les augmenter.
Entre l’Italie et le Maroc les relations économiques restent stables mais au niveau bilatéral, difficile d’ignorer le contexte global. Malgré tout, Rome tente d’envoyer des signaux se voulant rassurante vis-à-vis du Maroc.
Giorgia Meloni n’a pas parlé de «l’autodétermination du peuple sahraoui» et n’a pas évoqué de discussions entre le Maroc et le Polisario comme l’aurait voulu l’Algérie. Cela va de pair avec le refus italien d’inviter la milice séparatiste au sommet Afrique-Italie au mois de février.
Ce sommet, organisé au siège de l’Union africaine en Éthiopie, s’est tenu en effet, sans la présence du polisario. L’Italie a mis un point d’honneur à ce que ses exigences soient respectées malgré les manœuvres en coulisses de l’Algérie pour faire intégrer la milice séparatiste.
Toutefois, malgré le soutien au processus onusien et à la dernière résolution 2797 qui promeut la proposition d’autonomie marocaine, l’Italie reste dans une position de flou et en retrait de l’évolution du contexte international qui pourrait peser négativement dans ses relations futures avec le Maroc qui voit le Sahara comme une question essentielle, liée à sa souveraineté et pas seulement à des calculs économiques à moyen terme.
Si l’Italie s’efforce aujourd’hui de ménager Alger sans froisser Rabat, cette posture d’équilibriste pourrait toutefois atteindre ses limites à mesure que les lignes géopolitiques se redessinent. Rome sera appelée à clarifier sa position et l’exemple espagnol montre que les désaccords politiques sur le Sahara, n’ont pas empêché la poursuite des échanges gaziers avec l’Algérie, qui demeure les mains liées par son accord global avec l’Union européenne en la matière.
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