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Entre les cimes majestueuses du Moyen Atlas et les vastes plaines de Tadla, nul bruit ne supplante, ces jours-ci, le vacarme du gaulage et le vrombissement des machines de trituration. C’est le top départ de la grand-messe annuelle de l’olive, une période charnière où les arbres se délestent de leur fardeau pour offrir un nectar pur et insuffler une dynamique économique qui rompt la morosité des mois précédents.
Dans cette vaste contrée, l’oléiculture transcende son statut de simple activité agricole. Elle incarne une identité, une histoire et une artère vitale irriguant la région, dessinant les traits d’une liesse collective qui unit les territoires, des champs du « Dir » à Ouled M’barek et El Ksiba, jusqu’aux grands domaines de la province de Fquih Ben Salah et leurs prolongements entre plaine et montagne.
Le visiteur ne peut manquer les manifestations de cette effervescence. Une brève incursion sur les routes nationales traversant le Tadla suffit pour sentir le pouls de la campagne. Sur les bas-côtés, les unités de trituration (Maâssras) s’alignent en un spectacle imposant. Leurs esplanades se muent en monticules d’olives noires, violettes et vertes, en attente de pressage, tandis qu’un ballet incessant de véhicules anime la chaussée, déchargeant les récoltes ou repartant lestés de bidons d’huile fraîche.
Avant même que l’œil ne saisisse les détails de ce festival visuel, l’odorat est le premier à explorer les lieux. Les effluves denses et pénétrants des grignons saisissent le passant dès l’approche des moulins, se mêlant aux senteurs de l’huile vierge pour former l’empreinte olfactive dominante du moment. Au cœur de cette atmosphère saturée d’arômes, un rituel authentique capte l’attention : des tables garnies de bols d’huile nouvelle et de pain chaud, invitation ouverte à la dégustation gratuite, signe d’une hospitalité qui précède toute transaction commerciale.
Cette activité intense annonce la fin des années de disette. Les prévisions de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole de Tadla (ORMVAT) font état d’une résurgence spectaculaire de la filière. La production devrait bondir à environ 97.700 tonnes, affichant une hausse record de 221% par rapport à l’exercice précédent (44.000 tonnes). Un saut qualitatif qui promet de ramener les prix à des niveaux raisonnables, réconciliant ainsi ce produit vital avec les tables des citoyens.
Ce revirement ne doit rien au hasard. Il résulte de précipitations opportunes coïncidant avec la floraison, conjuguées à une fraîcheur hivernale salutaire pour les bourgeons, ainsi qu’aux efforts déployés pour assurer des cycles d’irrigation réguliers dans le périmètre du Tadla, en dépit du stress hydrique.
Sur le terrain, les professionnels confirment que tous les voyants sont au vert. Ahmed Ennahi, gérant d’une unité moderne à Fquih Ben Salah, se réjouit d’une abondance et d’un rendement qui redonnent le sourire aux fellahs. Toutefois, il insiste : l’enjeu ne réside pas uniquement dans le tonnage, mais dans l’excellence du produit fini.
Fort de son expertise, M. Ennahi livre ses « conseils d’or » : la clé d’une huile de qualité supérieure réside dans la rapidité de traitement. Il met en garde contre le stockage prolongé des fruits qui favorise la fermentation et l’acidité, altérant le goût. Il souligne aussi l’importance cruciale du lavage et de l’effeuillage avant le broyage, des étapes désormais standardisées dans les installations modernes de la région pour garantir un produit sain et compétitif.
L’écho de cette moisson dépasse la dimension agronomique pour toucher le volet social. La cueillette agit comme un puissant moteur pour l’emploi local, générant environ 2,5 millions de journées de travail, dont 20% profitent aux femmes rurales. L’olivier s’affirme ainsi comme une soupape de sécurité économique pour des milliers de ménages, consolidant le statut de l’« Or vert » en tant que devise et marqueur identitaire de Béni Mellal-Khénifra.
Le voyage de l’olive se poursuit à travers les provinces, entre vergers généreux et usines high-tech, pour aboutir à un élixir qui ne se contente pas de garnir la « Oula » (provisions annuelles) face à la rigueur de l’hiver, mais qui circule aussi comme un gage d’affection entre proches, portant en lui la saveur du terroir.
En définitive, l’arbre béni demeure le symbole éternel de cette terre nourricière; endurant la soif et les aléas climatiques, il offre ressources et aliments, rappelant que la prospérité perdure tant que l’homme reste fidèle à son sol et gardien de l’héritage de ses aïeux
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