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Le Maroc compte 9,22 millions d’élèves au titre de l’année scolaire 2026-2027, dont 83% sont scolarisés dans le public. Mais derrière ces effectifs, les chiffres présentés par le ministre de l’Éducation nationale, Nabil Benabdellah, devant la Chambre des représentants, mettent en évidence plusieurs difficultés persistantes : décrochage scolaire, réintégration limitée des élèves et disparités dans les conditions d’apprentissage.
L’école marocaine fait face à un double défi : accueillir des effectifs importants et retenir les élèves dans le système éducatif. Selon les données détaillées du budget du ministère de l’Éducation nationale, le nombre d’élèves atteint cette année 9,22 millions, répartis entre le secteur public, qui en accueille 83%, et le privé, qui en scolarise 17%.
Le réseau éducatif national compte, pour sa part, 12.661 établissements couvrant les différents cycles, auxquels s’ajoutent 12.772 unités scolaires satellites dans le monde rural. Dans le détail, le pays dispose de 8.556 établissements primaires, dont 373 écoles communautaires, de 2.417 collèges et de 1.688 lycées qualifiants.
Les données présentées par le ministre font ressortir une évolution contrastée entre les deux secteurs. L’enseignement privé enregistre une baisse des effectifs à tous les niveaux : 12,4% dans le préscolaire, 6,7% au primaire, 9,7% au collège et 3,2% au secondaire qualifiant.
À l’inverse, l’école publique connaît une progression du nombre d’élèves dans la plupart des cycles. Les effectifs y augmentent notamment de 4,5% au collège et de 14% au secondaire qualifiant. Le primaire constitue une exception, avec un recul de 1,7%.
Cette évolution renforce les enjeux liés à la capacité d’accueil et à la qualité de l’encadrement dans les établissements publics, alors que le système doit également faire face à la persistance du décrochage scolaire.
Au cours de l’année scolaire précédente, 264.889 élèves ont quitté les bancs de l’école. Sur ce total, seuls 56.114 ont pu être réintégrés, soit 21% des élèves ayant abandonné leur scolarité. Quelque 208.775 jeunes sont ainsi restés en dehors des dispositifs de retour à l’école recensés dans le bilan présenté par le ministre.
La répartition des abandons montre que le phénomène touche particulièrement le cycle collégial, qui concentre 55% des départs. Le primaire représente 23% des cas et le secondaire qualifiant 22%. Le monde rural regroupe 51% des élèves concernés, tandis que les garçons représentent 62% des décrocheurs, contre 38% de filles.
Les modalités de sortie du système scolaire révèlent également plusieurs situations : 50% des élèves ont interrompu leur scolarité en cours d’année, 43% ne se sont pas réinscrits et 7% ont été exclus.
Du côté des élèves réintégrés, 58,4% ont rejoint la formation professionnelle, 26% étaient des élèves exclus puis réintégrés, 15% ont bénéficié de programmes d’éducation non formelle et 0,6% ont été orientés vers l’enseignement traditionnel.
Les difficultés de l’école marocaine concernent également les conditions d’apprentissage. Au cours de l’année scolaire 2025-2026, les classes comptant au moins 41 élèves représentaient 9,8% des classes au collège et 9,4% au secondaire qualifiant. Au primaire, cette proportion était de 1,3%.
À l’échelle nationale, les classes considérées comme surchargées représentaient ainsi 4,6% de l’ensemble. Les classes à niveaux multiples, qui regroupent des élèves de plusieurs niveaux dans une même salle, représentaient pour leur part 17,5%.
Le ministère met parallèlement en avant le déploiement du programme des écoles pionnières. Au primaire, celui-ci couvre désormais 80% des établissements, représentant 76% des élèves de ce cycle. Dans le secondaire collégial, la couverture atteint 50% des établissements et concerne 54% des élèves.
Les chiffres communiqués par Nabil Benabdellah font également état d’une progression de l’enseignement des langues. L’amazighe est enseigné dans 50,7% des établissements scolaires, hors unités satellites, tandis que la généralisation de l’anglais au collège atteint 95,4%.
Ces indicateurs dressent le tableau d’un système éducatif qui poursuit l’extension de ses programmes, mais reste confronté à des difficultés structurelles. La faible proportion d’élèves réintégrés après leur décrochage, conjuguée aux enjeux d’effectifs et d’encadrement, demeure l’un des principaux défis de l’école marocaine.
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