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Carburants, lubrifiants, gaz : la dépense des importateurs d’hydrocarbures de la région s’est envolée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. L’Agence internationale de l’énergie range le Royaume parmi quatre économies particulièrement vulnérables, et les statistiques douanières marocaines font apparaître un surcoût de plus de 15 milliards de dirhams au premier semestre de 2026.
Dans un commentaire consacré à la sécurité énergétique de la région, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) examine la situation de quatre économies tributaires des importations : le Maroc, l’Égypte, la Tunisie et le Liban. Pris ensemble, ces quatre pays dépensent chaque mois des sommes nettement plus élevées pour acquérir pétrole brut, produits pétroliers et gaz naturel, un alourdissement que l’institution rattache directement à la guerre déclenchée fin février et aux perturbations qu’elle provoque sur les marchés mondiaux de l’énergie.
Les chiffres avancés par l’agence donnent la mesure du choc. En mars, premier mois complet du conflit, la dépense mensuelle cumulée des quatre pays avait déjà progressé de près de 60 % par rapport à janvier, pour atteindre 4,6 milliards de dollars. En juin, elle est montée à 4,8 milliards de dollars, soit environ 66 % de plus qu’au début de l’année. Il s’agit d’un montant agrégé : il ne correspond pas à la hausse enregistrée par chacun des pays pris isolément.
Pour l’AIE, ce sont les produits pétroliers qui expliquent l’essentiel de cette flambée. Le gaz naturel a suivi une pente encore plus raide, puisque sa facture a doublé sur la période, une évolution portée en grande partie par les achats de gaz naturel liquéfié de l’Égypte, dont le coût des importations de carburants a presque doublé entre janvier et juin. L’agence précise le périmètre de ses calculs : la catégorie des produits pétroliers englobe le gaz de pétrole liquéfié mais exclut le coke de pétrole, tandis que le gaz naturel comprend les volumes acheminés par gazoduc comme ceux livrés sous forme liquéfiée.
L’institution souligne que ces économies sont particulièrement exposées à la hausse des cours internationaux des carburants et du fret. Celle-ci s’est rapidement répercutée sur les coûts du transport, de l’électricité et de l’énergie domestique, laissant les gouvernements face à des arbitrages délicats sur la part du fardeau à reporter sur les consommateurs. L’agence y voit aussi une mise à l’épreuve du modèle des subventions, dont la crise actuelle révèle les limites.
Du côté marocain, les statistiques provisoires de l’Office des changes, établies à partir des déclarations en douane, traduisent concrètement cette pression. Entre janvier et juin, les importations d’énergie et de lubrifiants ont atteint 68,58 milliards de dirhams, en hausse de 28,9 % par rapport aux 53,19 milliards de dirhams enregistrés un an plus tôt. La facture s’est ainsi alourdie de 15,39 milliards de dirhams d’une année sur l’autre.
The post Facture énergétique : l’AIE place le Maroc parmi les pays les plus exposés appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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