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Plusieurs organisations de gauche et de défense des droits humains ont organisé, dimanche à Tiflet, un rassemblement pour dénoncer les propos attribués au conseiller parlementaire, Mahmoud Archane et les attaques visant la mémoire de l’ancien résistant Mohamed Bensaïd Aït Idder. Les manifestants ont également réclamé la poursuite du processus de vérité et de justice concernant les violations des droits humains commises durant les années de plomb.
Une mobilisation à forte portée mémorielle et politique s’est tenue dimanche à Tiflet. À l’appel de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), plusieurs organisations politiques et associatives de gauche se sont rassemblées pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme des tentatives de réhabilitation des responsables des violations graves des droits humains commises durant les années de plomb.
Les manifestants ont notamment réclamé que les personnes impliquées dans ces violations soient soumises à des procédures de reddition des comptes, rejetant leur accès à des postes de responsabilité et les propos qu’ils jugent offensants à l’égard des figures de la résistance et du militantisme marocains.
La mobilisation fait suite à une intervention controversée du conseiller Mahmoud Archane, fondateur du Mouvement démocratique et social (MDS) et ancien commissaire de police, lors de la discussion du programme gouvernemental devant la Chambre des conseillers. Il avait alors qualifié ses détracteurs de « cinquième colonne ». Les protestataires ont également dénoncé les propos attribués à Mustapha Boumahdi, membre du même parti, qui a qualifié le résistant et militant de gauche Mohamed Bensaïd Aït Idder de « traître » et d‘ »agent ».

Prenant part au rassemblement, la présidente de l’AMDH, Souad Brahma, a présenté cette mobilisation comme une prise de position collective contre toute tentative de retour des personnes mises en cause dans les violations des années de plomb à des fonctions de responsabilité.
Dans une déclaration à Hespress, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une provocation envers les victimes de cette période, évoquant les souffrances des anciens détenus politiques et les atteintes subies par les familles des victimes. Elle a notamment appelé à ce que les responsabilités soient établies et que toute la vérité sur les violations commises soit rendue publique.
« Il n’y aura ni apaisement ni résignation sans que les auteurs soient soumis à un examen de leurs responsabilités », a-t-elle affirmé, réitérant la volonté de l’association de poursuivre son action jusqu’à ce que les victimes obtiennent réparation.
Interrogée sur les démarches engagées pour donner suite aux recommandations de l’Instance équité et réconciliation (IER), Souad Brahma a indiqué que l’association continuait de porter cette revendication à travers différentes initiatives sur le terrain. Elle a également plaidé pour la mise en place d’un mécanisme crédible permettant d’assurer l’application de ces recommandations, ainsi que pour l’organisation d’une deuxième conférence nationale consacrée à l’examen des violations et à la question de la reddition des comptes.

Pour Jamal El Asri, secrétaire général du Parti socialiste unifié (PSU), le rassemblement de Tiflet entend également dénoncer les tentatives de déformation de l’histoire nationale et les atteintes à la mémoire des figures de la résistance marocaine.
Il a notamment critiqué le fait que les propos contestés aient été tenus sans réaction de l’autorité présente lors des sessions communales, alors que celle-ci est notamment chargée de veiller au respect de la légalité et des dispositions constitutionnelles.
Évoquant Mohamed Bensaïd Aït Idder, le responsable politique a rappelé son parcours de résistant et de militant, ainsi que la reconnaissance officielle dont il a bénéficié à travers une distinction royale. Il a également souligné la diversité des personnalités politiques et sociales présentes à ses funérailles.
De son côté, la militante des droits humains Khadija Ryadi a estimé que la mobilisation ne se limitait pas à une réaction aux déclarations récentes. Elle a appelé à poursuivre le travail de dénonciation des violations passées, rappelant que les actes de torture et les enlèvements constituent des crimes qui ne doivent pas être frappés par la prescription.
Elle a également élargi les revendications des manifestants à la situation actuelle des libertés publiques, appelant à garantir le droit à l’expression, à l’organisation et à l’opinion, ainsi qu’au respect des engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains.

La mobilisation a également été soutenue par des élus locaux. Azz El Harb Halimi, conseiller communal à Tiflet représentant la Fédération de la gauche démocratique (FGD), a expliqué que la manifestation visait en premier lieu les déclarations de Mahmoud Archane devant la Chambre des conseillers, notamment sa référence à la « cinquième colonne ».
Il a cité parmi les victimes des années de plomb Driss Benzekri, originaire de Tiflet, et dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte à la mémoire des personnes qui ont milité pour la liberté, la dignité et la justice sociale.
L’élu a par ailleurs affirmé avoir lui-même été visé par des propos de Mustapha Boumahdi, vice-président du conseil communal de Tiflet, au sujet de Mohamed Bensaïd Aït Idder. Il a expliqué que sa réaction s’inscrivait dans la volonté de préserver la mémoire nationale et d’éviter que les drames du passé ne se reproduisent.

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