" "
Posted by - support -
on - Mon at 6:00 PM -
Filed in - Society -
-
2 Views - 0 Comments - 0 Likes - 0 Reviews
Dans une longue publication diffusée sur les réseaux sociaux au lendemain du lancement du nouveau parti présidentiel, l’ancien ministre de l’Économie et du Plan, Abdourahmane Sarr, plaide pour un exercice du pouvoir fondé sur les convictions plutôt que sur les intérêts partisans. Une réflexion inspirée par le message lancé à Touba par le porte-parole du Khalife général des Mourides, appelant à éviter le « fëtël » et à privilégier la « nguurma ».
Au cœur de son propos, Abdourahmane Sarr défend l’idée que la démocratie ne peut être vivante que si les responsables politiques restent fidèles à leurs convictions tout en préservant leur liberté de jugement.
Pour nourrir sa réflexion, il s’appuie sur la philosophe Simone Weil, qui dénonçait l’emprise des partis politiques sur leurs membres, estimant qu’ils finissent parfois par substituer la ligne du parti à la recherche du vrai et du juste. Sans partager sa proposition de supprimer les partis politiques, l’ancien ministre considère que cette mise en garde reste d’une grande actualité.
« Le militant finit parfois par se demander moins ce qui est juste que ce que pense son parti », résume-t-il, avant de rappeler que les partis demeurent néanmoins indispensables à l’organisation de la démocratie et à la conquête du pouvoir.
Selon lui, la véritable exigence commence après la victoire électorale. Un président, souligne-t-il, est élu pour appliquer le projet sur lequel les citoyens lui ont accordé leur confiance. Gouverner selon ses convictions est donc, à ses yeux, l’essence même de la démocratie.
En revanche, il estime que les dérives apparaissent lorsque les convictions cèdent la place au favoritisme et que les intérêts du parti prennent le pas sur ceux de la Nation.
« Le “fëtël” commence lorsque les convictions cèdent la place au favoritisme », écrit-il, opposant cette pratique à la « nguurma », qu’il définit comme une gouvernance guidée par la hauteur d’État, l’impartialité et le sens de l’intérêt général.
Abdourahmane Sarr insiste ainsi sur une distinction qu’il juge fondamentale : il ne s’agit pas de renoncer aux convictions pour gouverner, mais de refuser que celles-ci soient remplacées par des réflexes partisans ou des logiques de clan.
L’ancien ministre rappelle également que les grandes orientations de souveraineté et de développement, auxquelles il dit avoir contribué à travers la Vision Sénégal 2050 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029, doivent désormais dépasser les appartenances politiques.
« La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit », rappelle-t-il, se réjouissant de voir cette idée désormais largement partagée dans le débat public.
Évoquant la recomposition du paysage politique sénégalais, marqué selon lui par une bipolarisation autour de deux pôles issus d’une même victoire électorale, Abdourahmane Sarr met en garde contre le risque d’un enfermement des responsables politiques, mais aussi des intellectuels et des analystes, dans des camps où l’on attend davantage une confirmation des positions partisanes qu’une analyse indépendante.
Il appelle ainsi à préserver la liberté de jugement, qu’il considère comme une exigence démocratique essentielle, aussi bien pour ceux qui gouvernent que pour ceux qui participent au débat public.
À ses yeux, si un consensus continue de s’établir autour des grands choix de souveraineté et de développement, la compétition démocratique pourrait progressivement se déplacer vers la capacité des dirigeants à incarner ces orientations, davantage que sur les doctrines elles-mêmes.
En conclusion, Abdourahmane Sarr réaffirme sa devise, « Moom sa bopp, menel sa bopp », qu’il présente comme une invitation à la responsabilité individuelle, à la liberté de pensée et à la fidélité à ses convictions. Une manière, selon lui, de servir la Nation sans devenir « prisonnier d’un parti » et de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts de camp.
OG
L’article Abdourahmane Sarr défend la primauté des convictions sur les logiques partisanes est apparu en premier sur Sud Quotidien.