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La ministre de l’Éducation nationale, Moustapha M. Guirassy, a réaffirmé la volonté des autorités de placer l’enseignant au centre des réformes engagées dans le système éducatif sénégalais. S’exprimant lors d’une rencontre consacrée notamment aux ressources humaines, il a insisté sur la nécessité de mieux valoriser la profession enseignante, d’améliorer la gestion des carrières et de renforcer les compétences des enseignants, notamment dans les domaines du numérique et du développement durable.
La réforme de la gestion des ressources humaines apparaît comme l’un des principaux leviers de transformation du système éducatif. Le ministère de l’Education nationale a notamment évoqué les résultats déjà enregistrés dans le traitement des dossiers administratifs. Selon lui, sur quelque 22.000 demandes enregistrées, environ 4.000 dossiers ont déjà été traités, dans une démarche fondée sur le consensus et la recherche de solutions adaptées.
Au-delà de la gestion administrative, le ministère a insisté sur la nécessité de replacer l’enseignant au cœur du système éducatif. « La centralité de l’enseignant » constitue, selon le département dirigé par Moustapha M. Guirassy, un principe fondamental de la réforme. Il s’agit notamment de mieux prendre en compte le déficit d’enseignants, de rééquilibrer les allocations et de créer les conditions permettant de redonner toute sa valeur à la profession enseignante.
« Si le système éducatif doit fonctionner, l’enseignant doit être au centre », a-t-il souligné en substance, appelant à une meilleure reconnaissance du rôle des personnels enseignants dans la réussite des politiques éducatives.
Le ministre a également mis en avant la nécessité d’une gestion plus dynamique des ressources humaines. A titre d’exemple, l’autorité cite le rôle des Directions des Ressources humaines dans l’accompagnement des agents, l’identification de leurs capacités et la valorisation de leurs compétences. Cette nouvelle approche devrait permettre de renforcer la performance du système et d’améliorer la mobilité des personnels sur la base de critères plus objectifs.
Dans cette perspective, les assises consacrées à l’éducation et aux ressources humaines devraient contribuer à faire émerger de nouvelles recommandations. Le ministère a notamment insisté sur l’importance du dialogue avec les différents acteurs du système éducatif, particulièrement les organisations syndicales. Il a plaidé pour une plus grande capacité d’écoute afin que les décisions prises tiennent compte des préoccupations du terrain.
La question des conditions de participation aux assises a également été évoquée. Le ministre a rappelé l’évolution des indemnités de déplacement et de participation, passées, selon ses explications, de 25.000 francs CFA à 50.000 francs CFA, puis à 100.000 francs CFA.
Autre enjeu majeur : l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) dans la gestion et la prise de décision. Le ministère estime que ces outils doivent contribuer à rendre les processus décisionnels plus efficaces, sans pour autant les complexifier. Il a également évoqué la nécessité de définir de nouveaux critères pour accompagner les décisions relatives à la formation et à la carrière des enseignants.
La formation continue devrait ainsi accorder une place importante à la maîtrise du numérique, à l’intelligence artificielle, au développement durable et à d’autres compétences jugées nécessaires à la performance du système éducatif.
Le ministre a, par ailleurs, présenté la réforme de la gestion des ressources humaines comme une expérience susceptible d’inspirer d’autres administrations publiques. Il a évoqué un modèle fondé sur l’équité et la justice administrative, qui pourrait être partagé avec d’autres départements ministériels et avec plusieurs pays de la sous-région.
Pour l’ autorité, plusieurs pays voisins s’intéressent déjà à l’expérience sénégalaise en matière de gestion des ressources humaines et pourraient s’inspirer des travaux issus des assises pour améliorer, à leur tour, l’accompagnement de leurs personnels.
En définitive, le message du ministère se veut clair : la transformation du système éducatif passe nécessairement par une meilleure prise en charge de l’enseignant. Valorisation du métier, amélioration de la gestion des carrières, formation continue, mobilité, digitalisation et dialogue social constituent les principaux axes de cette dynamique de réforme. La réussite de cette transformation dépendra toutefois de la capacité des autorités à traduire ces orientations en mesures concrètes et durables, capables d’améliorer à la fois les conditions de travail des enseignants et les performances globales du système éducatif.
Samba Niébé BA
L’article Éducation nationale : la valorisation du métier d’enseignant au cœur de la réforme est apparu en premier sur Sud Quotidien.