Posted by - senbookpro -
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L’Union européenne veut préserver le cadre de son partenariat avec le Maroc dans le domaine de la pêche, mais aucune date n’est encore arrêtée pour reprendre les négociations. Dans une déclaration accordée à Hespress, la Commission européenne assure que Bruxelles demeure disposée à ouvrir des discussions en vue d’un nouvel accord de partenariat pour une pêche durable (SFPA), dès que Rabat sera prêt à s’y engager.
La Commission rappelle l’importance qu’elle accorde à sa relation avec le Maroc, décrite comme un partenariat « ancien, global et profond ». Elle souligne également avoir fait part, à plusieurs reprises, de son intention d’engager « dans les meilleurs délais » des négociations sur un nouvel accord.
Pour autant, le calendrier reste incertain. « Il n’y a pas de calendrier pour les cycles de négociations ou les discussions techniques à ce stade. Nous sommes prêts à négocier lorsque le Maroc sera prêt à le faire », a déclaré un porte-parole de la Commission européenne à Hespress.
L’état des ressources au cœur des prochaines discussions
En attendant une éventuelle reprise des pourparlers, Bruxelles dit avoir procédé, conformément aux exigences de la politique commune de la pêche, à une évaluation rétrospective et prospective du protocole qui liait l’Union européenne au Maroc.
Cette évaluation a porté à la fois sur les résultats obtenus dans le cadre du précédent protocole et sur les points susceptibles d’être améliorés. Elle doit désormais servir de « base » aux réflexions européennes en amont des prochaines négociations.
Un autre élément devrait peser sur les discussions : l’évolution de l’état des ressources halieutiques. La Commission estime que les futures négociations devront tenir compte du « déclin de l’état de nombreux stocks de poissons ciblés par la flotte européenne ».
Bruxelles affirme toutefois vouloir rechercher un compromis avec Rabat. « L’Union européenne entend travailler main dans la main avec nos partenaires marocains pour élaborer un accord conforme aux arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne, et garantissant des résultats justes et équitables pour toutes les parties », a précisé le porte-parole.
Cette référence aux décisions de la Cour de justice de l’Union européenne constitue l’un des paramètres du futur cadre de coopération, alors que le précédent protocole est arrivé à échéance en juillet 2024.
L’Espagne attend des solutions pour sa flotte
Le dossier reste particulièrement sensible en Espagne, dont une partie de la flotte de pêche a été directement affectée par l’absence de renouvellement de l’accord avec Rabat.
Interrogée sur les préoccupations exprimées par les professionnels et les organisations représentant le secteur de la pêche dans l’Union européenne, notamment en Espagne, la Commission assure maintenir un « contact étroit » avec Madrid et avec le secteur concerné.
Bruxelles rappelle également que des aides ont été accordées par le passé à travers le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (EMFF). Elle indique parallèlement que les recherches se poursuivent afin d’identifier des possibilités de pêche alternatives pour les flottes concernées.
La fin du protocole continue en effet de susciter de fortes inquiétudes dans le secteur espagnol, considéré comme le principal touché par cette interruption.
Les professionnels espagnols réclament un renouvellement
La Confédération espagnole des pêcheries (CEPESCA) a, à plusieurs reprises, appelé les législateurs européens à travailler à la mise en place des conditions permettant le renouvellement du protocole annexé à l’accord de pêche conclu entre le Maroc et l’Union européenne.
Ce texte, arrivé à expiration en juillet 2024, permettait notamment aux navires européens, et en particulier espagnols, de pêcher dans les eaux marocaines.
Dans un communiqué, l’organisation professionnelle espagnole a mis en garde contre les conséquences d’une absence de renouvellement pour les flottes disposant de peu de solutions de repli. Elle cite notamment les navires espagnols à senne ainsi que la flotte de palangriers de fond, principalement implantée dans les ports andalous de Barbate, Conil et Tarifa.
Selon CEPESCA, le problème est d’autant plus important que les pêcheries accessibles dans le cadre de l’accord avec le Maroc ont contribué de manière significative à l’approvisionnement du marché européen. L’organisation estime qu’elles ont joué « un rôle essentiel dans l’apport de millions de repas chaque jour à l’Union européenne ».
Pour l’heure, Bruxelles ne fixe donc aucune échéance à une éventuelle reprise des négociations. La Commission européenne affirme néanmoins rester prête à discuter avec Rabat, avec pour objectif affiché de parvenir à un nouvel accord conciliant les impératifs de durabilité des ressources halieutiques, les exigences découlant des décisions de la justice européenne et les intérêts des différentes parties.
The post Accord de pêche Maroc-UE : Bruxelles attend le feu vert de Rabat pour reprendre les négociations appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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