Posted by - senbookpro -
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À l’enclave occupée de Sebta, les autorités espagnoles s’apprêtent à enterrer 82 corps récupérés après la vague de franchissements collectifs survenue le 30 juillet. Selon la radio espagnole Cadena SER, les opérations pourront débuter dès que la justice aura délivré les autorisations nécessaires. Sur les 82 dépouilles, seules six ont pour l’heure été formellement identifiées, tandis qu’une septième pourrait l’être prochainement.
Trois victimes ont été identifiées grâce à leurs empreintes digitales et trois autres à partir d’analyses ADN. La procédure illustre les difficultés auxquelles sont confrontés les services médico-légaux pour établir l’identité des personnes mortes lors de ces événements.
Plus de 60 corps doivent être inhumés au cimetière musulman de Sidi Mubarak, à Sebta. Moins d’une vingtaine de dépouilles, que les autorités pensent appartenir à des migrants originaires d’Afrique subsaharienne, seront enterrées dans le cimetière chrétien de la ville.
Ces inhumations ne mettront pas un terme aux recherches. Chaque corps recevra un numéro d’identification et son emplacement sera enregistré avec précision, afin de permettre une éventuelle exhumation ultérieure. Une famille pourra ainsi demander le rapatriement des restes de son proche si son identité est établie par une analyse ADN ou par un autre procédé.
Le dossier concerne directement le Maroc. Trois familles de Fnideq ont déjà demandé le transfert des dépouilles de leurs proches identifiés à Sebta afin de les inhumer au Maroc. Les démarches n’ont toutefois pas encore abouti, les autorisations et formalités nécessaires du côté marocain restant à accomplir, selon Cadena SER.
Des recherches menées avec le Maroc
La question de l’identification demeure particulièrement sensible pour les familles marocaines qui n’ont plus de nouvelles de leurs proches depuis les événements de la fin juillet. Les autorités espagnoles ont transmis aux autorités marocaines les données disponibles sur les corps afin qu’elles puissent être comparées aux informations concernant les personnes portées disparues.
L’ADN constitue, dans ce contexte, l’un des principaux outils permettant d’identifier les dépouilles qui ne peuvent l’être par les documents ou les empreintes digitales. De nouvelles identifications pourraient donc intervenir dans les prochaines semaines.
Le chiffre de 82 corps doit cependant être distingué du bilan établi au Maroc. Il correspond aux dépouilles prises en charge par les autorités de Sebta et ne peut être additionné mécaniquement aux décès recensés du côté marocain. Dans un premier bilan consacré aux événements, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) avait fait état de 14 morts sur le territoire marocain, ainsi que de dizaines de blessés parmi les civils et les forces publiques.
Une addition des deux chiffres risquerait de comptabiliser deux fois certaines victimes. Seul un bilan officiel unifié, précisant pour chaque décès le lieu et les circonstances de la mort, permettrait d’établir une comparaison fiable.
Le sort des disparus reste en suspens
Avec seulement six identifications confirmées, plus de 70 corps demeurent anonymes. Les autorités et les services médico-légaux doivent donc poursuivre la collecte d’échantillons ADN auprès des familles de personnes disparues et leur comparaison avec les données biologiques prélevées sur les dépouilles.
Cette procédure pourrait également contribuer à établir le bilan définitif des événements du 30 juillet, alors que les chiffres ont varié ces derniers jours en fonction des sources, des lieux de découverte des corps et de l’avancement des expertises médico-légales.
La question des disparus intervient par ailleurs dans un contexte sécuritaire toujours tendu. Les autorités marocaines et espagnoles ont renforcé leur vigilance des deux côtés de la frontière face à des appels relayés sur les réseaux sociaux en faveur d’une nouvelle tentative de franchissement collectif le 15 août.
Après plusieurs jours consacrés principalement aux mineurs, aux procédures de retour, au renforcement du dispositif sécuritaire et au contrôle de la frontière, le dossier des corps et des disparus impose désormais une autre urgence : donner un nom aux victimes et permettre à leurs familles de récupérer leurs dépouilles.
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