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Le terme « droits de douane » a été propulsé des pages économiques à la une des journaux ces derniers mois, des grandes économies les augmentant ou menaçant d’autres nations de le faire. Mais les droits de douane ne sont pas seulement une arme utilisée dans des manœuvres géopolitiques : utilisés efficacement, ils peuvent aider les pays les plus pauvres à développer leur économie.
En effet, si en mars 2025, le commerce mondial a atteint le chiffre record de 33.000 milliards de dollars l’an dernier, les perspectives pour 2025 restent incertaines, la montée des tensions, les politiques protectionnistes et les conflits commerciaux annonçant de probables perturbations dans les mois à venir.
Luz Maria de la Mora, Directrice de la Division du commerce international à ONU Commerce et développement (CNUCED) , explique à ce propos que les droits de douane, qui sont essentiellement une taxe sur les importations, font partie intégrante d’un système commercial international en place depuis près de huit décennies.
Les droits de douane sont largement utilisés, mais ils sont imposés selon des règles négociées au sein de l’OMC ou d’organisations régionales, dit-elle, notant que les pays en développement ont généralement tendance à appliquer des niveaux de protection plus élevés, et ce pour plusieurs raisons. L’une d’elles est par exemple la volonté de développer une industrie particulière comme les secteurs de l’automobile ou de la chimie. Une façon de favoriser le développement et la croissance d’une industrie est de la protéger, par des droits de douane, de la concurrence étrangère. L’inconvénient est que la production de ces biens pour le marché intérieur est plus coûteuse, ce qui peut également décourager la concurrence.
Une deuxième raison pour laquelle les pays en développement appliquent des droits de douane est que, dans certains cas, les gouvernements ont besoin de recettes, souligne Luz Maria de la Mora, qui relève que les droits de douane sont une taxe, et une taxe est un revenu qu’un gouvernement peut consacrer aux dépenses sociales, à la santé, à l’éducation ou aux infrastructures. Mais là encore, cela se traduit par des coûts plus élevés pour les consommateurs sur les biens importés.
Interrogée sur une éventuelle guerre commerciale mondiale, la responsable à la CNUCED indique que de nombreux acteurs importants du commerce mondial, comme les États-Unis, l’Union européenne et la Chine, imposent des droits de douane ou des mesures qui ne sont pas toujours conformes à leurs engagements envers l’OMC.
Cela crée de l’incertitude et un malaise au sein du secteur privé. En effet, lorsque les grands acteurs commencent à établir leurs propres règles au lieu de suivre celles de l’OMC, on se demande : pourquoi agissent-ils ainsi ? Pourquoi n’utilisent-ils pas le système et les règles en place pour résoudre leurs problèmes ?
Il existe depuis toujours des différences entre les pays, certains secteurs étant plus touchés que d’autres par les changements, et la conjoncture économique peut nécessiter certaines interventions.
Lorsque les États membres prennent des décisions unilatérales, sans passer par l’OMC ou le système des Nations Unies, cela peut créer de l’incertitude, ce qui peut entraîner un ralentissement des décisions d’investissement dans le secteur privé, du commerce, de la croissance économique et de la création d’emplois, explique encore l’experte.
Et d’ajouter que les pays en développement. Quatre-vingt-quinze pays en développement dépendent de leurs exportations, ce qui les rend à la merci des fluctuations des prix internationaux et de la croissance de l’économie mondiale.
Ces pays ont besoin d’un système commercial international efficace, offrant des certitudes, où ils savent à quelles réglementations ils sont soumis et où les règles ne sont pas modifiées sans préavis, sans négociation, sans avertissement préalable.
C’est pourquoi il est si important que le multilatéralisme reste en place.
A noter que l’ONU définit les droits de douane comme des taxes « sur les importations de marchandises, prélevées soit en pourcentage de la valeur, soit sur une base spécifique (par exemple, 7 dollars pour 100 kg) ».
Les droits de douane peuvent être utilisés pour créer un avantage tarifaire pour des biens similaires produits localement et pour augmenter les recettes publiques.
Les pays développés utilisent souvent les droits de douane dans le cadre de politiques économiques plus larges visant à protéger des industries spécifiques ou à s’adapter à la dynamique du commerce international. À l’inverse, les pays en développement peuvent utiliser les droits de douane plus largement pour protéger les industries naissantes et soutenir le développement économique.
Les pays développés sont plus susceptibles de participer à des accords commerciaux internationaux complexes qui prévoient des réductions tarifaires et d’autres mesures de facilitation des échanges. Les pays en développement peuvent avoir moins d’accords de ce type et utiliser les droits de douane comme un outil pour négocier de meilleures conditions.
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