Posted by - senbookpro -
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Le gouvernement affiche sa volonté de faire de la durabilité le pilier de la politique halieutique marocaine. Face aux défis posés par le changement climatique et l’évolution des marchés internationaux, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a défendu, lundi à la Chambre des représentants, une stratégie articulée autour de la préservation des ressources, de la modernisation des outils de gestion et de l’amélioration des conditions des professionnels du secteur.
À l’occasion de la séance des questions orales, la responsable gouvernementale a assuré que « la protection de la ressource halieutique nationale et le renforcement de sa durabilité constituent une priorité stratégique du gouvernement », tout en estimant que le secteur continue d’enregistrer « des indicateurs économiques et sociaux positifs » malgré un contexte marqué par les perturbations climatiques et l’instabilité des marchés mondiaux.
Au cœur de cette stratégie figure la feuille de route 2025-2027, présentée comme un nouveau cap pour la pêche maritime. Celle-ci repose sur trois axes principaux : le renforcement de la recherche scientifique, l’amélioration des mécanismes de gestion des pêcheries et la modernisation des systèmes de contrôle, avec pour objectif d’assurer « une exploitation responsable des ressources marines et la protection des stocks halieutiques ».
Pour soutenir cette ambition, le ministère a consacré près de 500 millions de dirhams au développement de la flotte dédiée à la recherche scientifique, considérée comme un outil central pour orienter les décisions relatives à la gestion des ressources marines. Dans le même temps, le département poursuit la mise en œuvre des plans d’aménagement des pêcheries, dont le nombre dépasse désormais 30, tout en généralisant, cette année, le système de zonage des espaces de pêche (Zoning) aux navires pratiquant la pêche à la ligne et la pêche au chalut. Selon Zakia Driouich, ce dispositif permet de mieux encadrer les déplacements des navires et de maîtriser l’effort de pêche.
La secrétaire d’État a également annoncé la poursuite de la modernisation des dispositifs de contrôle à travers le développement de nouvelles applications numériques et l’amélioration du système de suivi des navires (VMS), destiné à renforcer la surveillance des activités de pêche et à consolider la gouvernance du secteur.
Sur le plan économique, le gouvernement met en avant des résultats qu’il juge encourageants. Selon les chiffres communiqués par Zakia Driouich, la production nationale de produits de la mer dépasse désormais 1,2 million de tonnes, pour une valeur avoisinant 15 milliards de dirhams, soit une progression de 1,25 milliard de dirhams par rapport à 2022.
Les exportations du secteur représentent, pour leur part, près de 27 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, tandis que les investissements privés dans les industries liées à la pêche maritime ont atteint environ 5 milliards de dirhams entre 2021 et 2025.
Le secteur emploie aujourd’hui plus de 271.000 personnes, a encore souligné la responsable gouvernementale, qui le présente comme « l’un des principaux secteurs créateurs de richesse et contributeurs au développement économique et social ».
Interpellée sur la baisse de disponibilité de la sardine observée durant les premiers mois de l’année, Zakia Driouich a tenu à relativiser les inquiétudes exprimées ces derniers mois.
« La sardine est une ressource saisonnière », a-t-elle rappelé, expliquant que « la faiblesse des quantités durant les mois de janvier, février et mars ne reflète pas la situation réelle du stock halieutique ».
Pour étayer cette analyse, elle a indiqué que les ports de Laâyoune, Tan-Tan et Tarfaya enregistrent actuellement des débarquements quotidiens supérieurs à 5.000 tonnes de sardines. Cette abondance a même conduit les autorités, a-t-elle précisé, à suspendre temporairement les opérations de pêche à certaines périodes, les infrastructures portuaires n’étant pas en mesure d’absorber l’ensemble des volumes débarqués.
La secrétaire d’État attribue ces résultats aux mesures de gestion mises en œuvre ces dernières années, notamment les périodes de repos biologique, la fermeture temporaire de certaines zones de pêche et « une gestion dynamique adaptée aux changements climatiques et fondée sur un suivi quotidien de l’évolution des stocks halieutiques ».

Au-delà de la gestion des ressources, l’exécutif entend poursuivre la réforme sociale du secteur. Zakia Driouich a rappelé que plus de 135.000 marins travaillent aujourd’hui dans la pêche maritime et que ceux-ci demeurent « au cœur des politiques publiques » conduites par le ministère.
Dans cette perspective, le département prépare un mécanisme de contractualisation entre les armateurs et les marins de la pêche côtière et artisanale, sur le modèle déjà appliqué dans la pêche hauturière. L’objectif est de clarifier les droits et obligations de chaque partie tout en renforçant la protection juridique et sociale des marins.
La responsable gouvernementale a indiqué que les consultations avec les professionnels sont déjà engagées et que des études sociales ont été réalisées afin de finaliser ce chantier.
Elle a, par ailleurs, rappelé que la couverture médicale ainsi que l’assurance contre les accidents du travail ont été généralisées depuis 2022 à l’ensemble des intervenants du secteur, y compris les armateurs, les vendeurs de poissons et les exploitants des fermes aquacoles.
Concernant les équipements de sécurité, Zakia Driouich a précisé que le programme d’acquisition de gilets de sauvetage, doté d’une enveloppe d’environ 90 millions de dirhams, est actuellement déployé par les chambres des pêches maritimes. La Chambre de Tanger entamera la distribution des équipements au cours de ce mois, tandis que celles d’Agadir et de Dakhla ont achevé les procédures d’appel d’offres. La Chambre de Casablanca poursuit, de son côté, les démarches administratives nécessaires.
Sur le volet des infrastructures, la secrétaire d’État a annoncé l’extension des capacités de stockage du port d’Imsouane, grâce à la création de nouveaux entrepôts destinés à répondre à l’augmentation de la demande. Elle a également assuré suivre directement les revendications des professionnels de la pêche à Safi, après plusieurs réunions organisées avec leurs représentants.
Enfin, s’agissant des coopératives, Zakia Driouich a affirmé que le ministère poursuit ses programmes d’accompagnement, en particulier en faveur des structures féminines. Elle a cité les coopératives de Sidi Ifni parmi les expériences jugées concluantes, réaffirmant la volonté du gouvernement de poursuivre le développement de ce modèle, présenté comme un levier de développement territorial et de création d’emplois.
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