Posted by - senbookpro -
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De nombreuses migrantes dans la ville occupée de Sebta sont confrontées à des conditions difficiles après avoir installé un campement de fortune en plein air, à proximité d’un centre d’accueil pour migrants, sur fond de craintes de harcèlement et d’agressions sexuelles, alors que les structures d’accueil font face à une surpopulation et à une pression croissante.
Selon Reuters, plus d’une dizaine de femmes ont installé un campement de fortune le long de la route menant au centre d’accueil des migrants, près de la plage d’El Tarajal, après que le nombre de personnes hébergées dans le centre a dépassé sa capacité d’environ 200 personnes, atteignant près de 700 occupants.
L’agence indique que ces femmes dorment à ciel ouvert aux côtés de centaines de migrants venus du Maroc, d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud, dans l’attente de leur enregistrement et de l’examen de leur situation par les autorités espagnoles.
Reuters a recueilli les témoignages de trois femmes affirmant avoir subi du harcèlement de la part de certains hommes présents dans la zone. Wafaa Atid, une Marocaine de 28 ans originaire de Taza, a notamment fait état de tentatives répétées d’agression visant des femmes, en particulier lorsqu’elles se rendent aux toilettes.
Atid explique que les femmes ont installé un campement de fortune composé de cartons, de matelas et de couvertures à proximité d’un véhicule de police, à la recherche d’un minimum de sécurité. Elle ajoute qu’elles ne peuvent pas dormir la nuit en raison de la peur.
La migrante raconte également qu’elle est contrainte de dormir durant la journée, lorsqu’elle se sent davantage en sécurité grâce à la lumière du jour. Une autre migrante marocaine originaire de Tétouan, prénommée Dikra, âgée de 20 ans, affirme de son côté qu’elle et sa sœur Aya, 17 ans, ont été victimes de harcèlements répétés. Les femmes tentent de se protéger en criant afin d’attirer l’attention des personnes présentes autour d’elles.
La police espagnole affirme que 15 cas d’agressions sexuelles, de gravité variable, ont été signalés à Sebta depuis le 30 juillet, précisant que la majorité des victimes seraient mineures. Le ministère espagnol de l’Intérieur et la police ont toutefois refusé de confirmer ce chiffre ou de fournir davantage de détails.
Dans le même contexte, Reuters rapporte que les autorités judiciaires de Sebta ont commencé à examiner trois affaires d’agression sexuelle visant des migrantes. Les suspects seraient des migrants marocains arrivés dans la ville lors de la dernière vague de franchissements collectifs. Deux affaires concernent des mineures, tandis que la troisième implique une femme majeure.
Les données du ministère espagnol de l’Intérieur pour 2024 font état de 42 signalements d’agressions sexuelles et de cinq cas de viol à Sebta, une ville qui compte environ 84.000 habitants.
Des structures sous pression
Les autorités espagnoles font face à une forte pression sur les structures d’accueil de Sebta depuis le début de la vague de franchissements collectifs, le 30 juillet. Selon les autorités, entre 5.000 et 8.000 personnes se trouvent encore dans l’enclave occupée, tandis qu’un grand nombre de personnes ayant franchi la frontière sont retournées au Maroc.
Le nombre d’enfants enregistrés s’élève à 2.168, tandis qu’environ 500 demandes d’asile ont été déposées par des adultes jusqu’à la semaine dernière, selon les données rapportées par Reuters.
La ministre espagnole de la Santé, Mónica García, a indiqué que les services médicaux avaient pris en charge cinq femmes victimes de violences sexuelles, estimant que la mise à disposition d’un hébergement sûr pour les migrants constituait le défi le plus urgent.
La ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, a indiqué que les autorités, en coopération avec le Comité international de la Croix-Rouge, distribuaient environ 4.000 repas par jour, ainsi que des produits d’hygiène destinés aux femmes. Des centres d’accueil temporaires supplémentaires sont également en cours d’aménagement, avec une capacité pouvant atteindre 1.500 personnes.
Des alertes des organisations de défense des droits
Des organisations de défense des droits humains et humanitaires, parmi lesquelles Save the Children, l’UNICEF et Amnesty International, ont mis en garde contre la vulnérabilité des migrantes à Sebta, en particulier des mineures, appelant à la mise en place d’hébergements sûrs et d’un accompagnement spécialisé pour les femmes exposées aux violences.
Lucila Rodríguez Alarcón, directrice générale de la Fondation PorCausa, a estimé que le regroupement d’un grand nombre de personnes déplacées dans des espaces surpeuplés pouvait aggraver les risques de violences sexuelles. Elle a appelé à séparer les toilettes et les douches selon le sexe et à appliquer les mesures de sécurité prévues dans les camps de réfugiés.
Ces témoignages, rapporte Reuters, mettent en évidence l’ampleur des pressions auxquelles sont confrontées les femmes migrantes à Sebta, dans un contexte marqué par la capacité limitée des structures d’accueil, la surpopulation et des inquiétudes croissantes sur les plans sécuritaire et humanitaire.
The post Sebta : les migrantes face à la précarité et aux risques d’agressions sexuelles appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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