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L’Agence internationale de l’énergie range le Royaume parmi les économies africaines qui recourent le plus au gaz importé, alors que le marché mondial est secoué par les perturbations du GNL au détroit d’Ormuz.
Dans le Global Gas Security Review 2026, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) classe le Maroc parmi les pays du continent qui recourent le plus aux importations de gaz naturel. Ce positionnement rend le Royaume plus sensible aux mouvements des cours mondiaux comme aux limites de ses infrastructures, dans un marché en pleine agitation.
L’origine de ces turbulences tient aux perturbations des flux de gaz naturel liquéfié (GNL) passant par le détroit d’Ormuz. Entre mars et octobre, les chargements en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis ont reculé de plus de 60 milliards de mètres cubes par rapport à la même période de 2025. L’augmentation de la production en Amérique du Nord et en Afrique n’a compensé cette contraction que partiellement. Pour l’ensemble de l’année, l’AIE anticipe une baisse d’environ 3% de l’offre mondiale de GNL, soit près de 20 milliards de mètres cubes, ce qui constituerait le plus fort repli jamais enregistré sur douze mois.
Les prix ont suivi. Sur le marché européen TTF, ils ont progressé de près de 70% sur un an entre mars et octobre, pour s’établir en moyenne autour de 20 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MBtu). En Asie, les prix spot du GNL ont bondi de près de 80%, à 21,5 dollars par MBtu en moyenne. Cette flambée pèse sur la consommation mondiale de gaz, attendue en recul de 1,5% en 2026, soit environ 65 milliards de mètres cubes, l’électricité et l’industrie étant parmi les principaux secteurs concernés.
Sur le continent, les producteurs adossés à leurs propres ressources ont mieux amorti le choc que les acheteurs extérieurs, confrontés à des factures alourdies et à des cargaisons plus difficiles à obtenir. L’AIE inclut le Royaume dans ce second groupe.
L’Afrique évolue d’ailleurs à contre-courant de la tendance mondiale. Là où la consommation planétaire de gaz doit reculer cette année, celle du continent devrait grimper d’environ 5%, tirée surtout par la production d’électricité et les activités du secteur énergétique. Entre 2020 et 2025, elle avait déjà progressé de 1,7% par an en moyenne, portée par la croissance démographique, l’essor des besoins en électricité et le développement industriel. L’Afrique ne pèse cependant que 4% de la consommation mondiale, et cette demande reste très concentrée : trois pays, dont l’Égypte et le Nigeria, totalisent à eux seuls plus des trois quarts des volumes consommés.
Une bonne partie du gaz africain est pensée pour l’export : les installations tournées vers les marchés internationaux sont plus abouties que les réseaux domestiques. Sur le littoral, des terminaux de regazéification encore peu étendus et des réseaux morcelés freinent la diffusion du GNL ou du gaz de gazoduc importé. L’AIE conditionne l’essor de ces marchés à des investissements, du traitement du gaz à la distribution en passant par les gazoducs et les centrales, et à la présence de clients capables de payer. Pour le Royaume, l’enjeu ne se réduit donc pas aux quantités : encore faut-il que les routes d’approvisionnement et de transport correspondent aux usages.
L’étude ne chiffre ni la consommation ni les importations du Royaume pour 2026. Elle offre plutôt une grille de lecture d’un continent où l’accès au gaz varie fortement d’un pays à l’autre, et met deux chantiers sur la table : élargir les sources d’approvisionnement et étoffer les infrastructures. Pour l’AIE, la répétition des crises plaide pour une coopération internationale plus étroite et des investissements sur l’ensemble de la filière, l’objectif étant que les importateurs absorbent les secousses de prix et d’approvisionnement sans que leurs marchés de l’énergie n’en sortent durablement affaiblis.
The post Gaz : l’AIE pointe l’exposition du Maroc aux chocs de prix appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc.
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